Lille, Paris, Strasbourg, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Nice, Toulon…  

Articles marqués avec ‘Violence’

maltraitance

Maltraitance ! Comment le GAPP peut-il éviter qu’elle s’installe ?

La maltraitance dans les établissements et services médico-sociaux, ce n’est pas que le fait de frapper, ou d’insulter. Bien-sûr que les violences physiques et verbales sont inadmissibles et doivent être sanctionnées. Cependant, elles ne sont que l’une des faces visibles de l’iceberg de la maltraitance. Ce que je souhaite aborder dans cet article c’est l’ensemble des ces gestes au quotidien qui sont maltraitants et qui pourtant sont bien présents.

La Maltraitance, notions de base :

Rappelons la définition de la maltraitance établie par le Conseil de l’Europe, en 1987, a défini la maltraitance de la façon suivante : « tout acte ou omission commis par une personne, s’il porte atteinte à la vie, à l’intégrité corporelle ou psychique ou à la liberté d’une autre personne ou compromet gravement le développement de sa personnalité et/ou nuit à sa sécurité financière. ». En 1992, le conseil de l’Europe a proposé une classification des actes de maltraitance. Ils peuvent se retrouver sur le site du Ministère des Solidarités et de la Santé.

D’après la Haute Autorité en Santé (HAS) la bientraitance, principe contraire de la maltraitance, correspond à « l’ensemble des démarches collectives pour identifier l’accompagnement le meilleur possible pour l’usager, dans le respect de ses choix et dans l’adaptation la plus juste à ses besoins ».

La répétition dans les équipes

Pour être bientraitant, il faut bien entendu être vigilant à l’ensemble des actes petits et grands du quotidien. L’idée que je souhaite développer dans cet article c’est l’ensemble de ces gestes, et attitudes qui peuvent être rectifiées avec bienveillance grâce à l’analyse des pratiques notamment.

Les équipes participent quotidiennement à véhiculer (ou pas) les bonnes pratiques. J’ai été alerté par l’un des groupes que j’anime d’une situation qu’ils ont appelé : REPETITION. Cette répétition dont ils me faisaient part concernaient des postures inadaptées et douloureuses pour les résidants de leur établissement. Ces postures inadaptées ont été reprises et réexpliquées à plusieurs reprises par certains membres de l’équipe thérapeutique et éducative. Malgré ces rappels, il s’avère que plusieurs professionnels (heureusement peu nombreux) continuent à mal positionner les résidants, et provoquent ainsi des postures douloureuses.

Après avoir échanger sur la communication, et sur la compréhension des consignes, l’analyse de la situation nous a orienté sur l’acception par une partie de l’équipe présente de ces situations à répétition. Ils sont lassés de répéter, et préfèrent rectifier les postures plutôt que de dire les choses.

Leur lassitude était grande. Ils étaient résignés.

La résignation premier pas vers la non-bientraitance :

L’objet d’une partie du travail de cette séance a été alors de les aider à comprendre ce qui était en train de se passer : une caution à la première marche de la maltraitance : la négligence. Avec beaucoup de bienveillance et j’espère de douceur, j’ai tenté de ramener le groupe vers cette réalité : ne rien dire, ne rien faire c’est accepter et donc cautionner cette situation de maltraitance.

Il a fallu tout d’abord reprendre ce qu’était la maltraitance et rappeler que mal positionner des résidants dans des postures douloureuses est un acte maltraitant. C’est bien entendu cet acte qui est maltraitant. Il a été pour moi très difficile (dans le sens de la bienveillance engagée que je souhaite maintenir) de leur dire que ne rien dire et laisser faire était aussi un acte maltraitant. En effet ce groupe est plein de bienveillance, mais la réalité était bien là. Il était important qu’une personne neutre leur rappelle le cadre de la bientraitance, et de la maltraitance.

Une fois que le groupe a accepté de valider que cet acte relevait bien de la maltraitance mon travail ne s’est pas terminé là. J’ai accompagné le groupe pour qu’il se redresse et n’accepte plus à l’avenir ce type d’acte. Ce travail a nécessité un véritable travail de contenance, car il a fallu clairement travailler sur l’association du silence et de la caution à la maltraitance.

Mon travail n’a surtout pas consisté à travailler sur leur procédure, ou tout autre outil institutionnel, mais sur leur posture, leur acte et leur présence en tant que professionnel qui doit se redresser et penser avec une bienveillance engagée. J’ai accompagné l’équipe à se réveiller, à penser en tant que JE SUJET, et non comme un membre d’un groupe qui ne voit rien et ne fait rien.

L’espace de l’analyse des pratiques : un outil magique :

Je mets ce mot de magie car effectivement au fur et à mesure de la séance l’équipe s’est redressée tant physiquement que moralement. J’accompagne cette équipe depuis plus de trois ans et elle me fait confiance : c’est fondamental dans ce type de travail. Sans cette confiance il n’est pas sûr que l’équipe se soit confiée, et ait acceptée cette démarche. Il est important de le rappeler : sans la confiance rien n’est possible entre l’animateur du GAPP et le groupe.

Une fois la confiance installée l’outil GAPP permet effectivement de travailler sur des problématiques graves et d’aider les équipes à ne jamais accepter ces glissements comme la maltraitance. L’animateur dans cet espace a pour rôle d’apaiser les esprits, de redynamiser l’équipe dans une espace bienveillant.

En Savoir plus sur l’Auteure: Belinda INFRAY
Intervenante en Analyse des Pratiques

Violence, Alcool, Suicide… De la prise en compte en séance d’Analyse des Pratiques

Les professionnels médicaux et paramédicaux dans un service d’addictologie doivent prendre en compte le fait que certaines problématiques autres que la dépendance au produit peuvent interférer dans la prise en charge du patient.

Lors de mes consultations au service des urgences de psychiatrie du CHU PAP/Abymes, dans le cadre de la prévention du suicide, j’ai observé une forme de récurrence entre dépendance à l’alcool, violence sexuelle dans l’enfance et tentative de suicide.

Les femmes vues en entretien suite à une tentative de suicide et dont j’observais une dépendance à l’alcool, évoquaient en majorité des violences sexuelles subies dans leur enfance.

D’où un questionnement à aborder en analyse de pratique professionnelle :

Y aurait-il une corrélation entre violences sexuelles subies dans l’enfance, alcool et tentative de suicide ?

L’alcool serait-il le moyen de taire la souffrance et la tentative de suicide, d’y mettre fin ?

Je soumets un « récit-fiction » basé sur des observations récurrentes.

Je l’ai titré : « un drame en filigrane » car lors des échanges psychothérapeutiques, sont apparus des éléments indiquant les obstacles intrinsèques.

***

La douleur du corps devient souffrance de l’esprit….

C’est ce que dit la psy que je consulte depuis deux ans.

Et si c’était le contraire….si en fait c’est la souffrance de l’esprit qui devenait douleur du corps !!!???

Tous ces souvenirs graves en moi et que je n’arrive pas a tuer…

Sans doute n’y a-t-il pas à réfléchir et que les deux sont liés !

La thérapeute me demande pourquoi je bois. Bonne question !

Je lui réponds souvent, toujours que je ne veux pas mourir mais faire taire en moi cette souffrance perpétuelle, lancinante, épuisante.

Et à chaque fois, elle me sourit et dit: « je n’ai pas évoqué de désir de mort ; quel est le lien avec l’alcool ? »

Mon frère, Sergio, était très affectueux. Il m’aimait énormément…en tous cas il le disait et tenait à me le prouver.

J’avais huit ans ; il en avait quinze et régulièrement, dans le garage il me montrait à quel point « son affection » pour moi grandissait.

Je n’ai jamais eu mal au début; n’est ce pas cela le pire ? J’éprouvais du plaisir au début quand il passait sa main sur mon sexe et j’étais ravie de l’effet que cela lui faisait.

Il m’achetait des cadeaux ; nous avions un secret. J’étais sa préférée.

La fratrie : deux filles, un garçon. Il est l’aîné, je suis la benjamine.

Pour mes onze ans, il m’a serrée fort contre lui et il m’a dit que j’étais grande et qu’il m’aimait encore plus fort. Il a baissé ma culotte, a écarté mes jambes et ….je n’ai plus jamais éprouvé de plaisir.

Mais ça restait notre secret et je demeurais sa préférée.

Cela a duré jusqu’à son départ en France. J’avais treize ans.

Ma première tentative de suicide a eu lieu une semaine après : c’était comme un désir de partir pour mieux revenir mais la mort c’est définitif.

Un désir de renaître et d’être neuve, propre…

Puis j’ai cessé de manger. Mais sans jamais disparaître !

Mon adolescence fut chaotique. J’étais une piètre élève et je cherchais perpétuellement l’affrontement tant avec les professeurs qu’avec mes parents.

J’ai rencontré un psychologue à qui je n’ai dit que ce qui me plaisait, c’est-à-dire rien.

Mes parents ne comprenaient pas et expliquaient mon comportement par le départ de mon frère. « Sergio doit lui manquer terriblement ». Et j’enrageais…A qui parler ? Qui m’aurait crue ?

A quinze ans, j’ai rencontré le père de mon fils. Il avait vingt deux ans. Cela a été rapide, tant l’acte que la relation. Mes parents ont élevé Joséto et j’ai continué l’école.

Je n’ai jamais été sa mère ; jusqu’à maintenant, d’ailleurs. Il m’appelle par mon prénom. Sa mère c’est la mienne. J’ai quarante ans et il en a vingt  quatre et nous n’avons rien à nous dire ; Elevés dans la même maison, nous ne partageons rien.

Il est parti vivre chez son oncle, à Paris. Il m’aura tout pris.

Moi je suis ici et je ne veux plus souffrir. Je veux partir…

Je n’ai rien à moi si ce n’est ce corps que je prête à qui veut.

Souvent je ne sais plus à qui…

Voila mon histoire. Que dire de plus si ce n’est que l’alcool noie les souvenirs, les pertes, la culpabilité et me fait vomir ce que je ne peux plus vivre…ce que je ne sais pas dire…

Alors le teint olivâtre, le ventre gonflé, les maux d’estomac, les tremblements, les soupirs et hochements de tête des parents évoquent pour moi une fin déjà proche.

Et pour chasser cela, je bois et parfois pour ne plus boire, je prends ce fameux traitement contre la dépression…espérant à chaque fois qu’il sera radical ; en vain !

De toutes les façons je suis morte le jour de mes onze ans. Où plus exactement quelque chose est mort en moi ce jour là.

Je sens encore ce liquide couler entre mes jambes et ce sang.

Je n’ai pas crié même quand j’avais mal mais là en voyant cela, je crois que je vais mourir.

Sergio me gifle : « calme- toi, espèce d’idiote ! tu es grande maintenant ».

Il me parle durement comme si j’ai fait quelque chose de mal. Et moi malgré tout, je voudrais qu’il me console.

« Va te laver sans te faire voir ».

Ce soir comme tous les soirs depuis, je suis restée recroquevillée sur moi-même.

J’ai froid…mon corps tremble…je me sens si seule.

La bouteille m’apporte la chaleur et à chaque fois je me promets que ce qui s’est passé ne m’empêchera pas d’être heureuse…demain. Ici ou dans l’  « eau »-delà.

***

Sur 439 femmes (entre 25 et 50 ans) vues aux urgences du CHU de Pointe à pitre (Guadeloupe) en un an suite à une tentative de suicide :

  • 21%  avaient subi des violences sexuelles dans leur enfance et étaient dépendantes de l’alcool,
  • 06% avaient subi des violences sexuelles dans leur enfance mais ne consommaient pas d’alcool,
  • 26% étaient dépendantes à l’alcool et affirmaient ne pas avoir subi de violences sexuelles dans leur enfance.

En analyse de pratique professionnelle, il est essentiel de travailler sur la perception du professionnel.

En addictologie:

  • La dangerosité du produit
  • Le profil de la patiente.

La neutralité bienveillante nécessaire à la prise en soin fait souvent défaut au professionnel.

La dangerosité du produit oblitère l’aspect humain, l’histoire de la patiente et interfère dans l’appréciation du profil.

Je constate que les professionnels se focalisent sur les effets négatifs de l’addiction et s’évertuent à vouloir convaincre la patiente de la nécessité de sortir de la dépendance.

Ils mettent de côté l’aspect protecteur de la prise du produit, la relation établie avec ce produit et le bien-être dans le mal-être qui en définit l’attachement.

D’où la difficulté de s’en extraire :

Accompagner la personne consiste à entendre ce qui est derrière le rapport au produit et ne pas attendre d’elle ce qu’elle ne peut donner.

Notre temps n’est pas le sien.

Son timing lui appartient.

Avec l’analyse de pratique professionnelle, nous restons à son écoute et nous l’amenons à comprendre ce qui l’a conduit à cette pratique.

  • Aucun jugement
  • Aucun à-priori
  • Aucune hégémonie du « moi-soignant ».

Dans mon expertise, j’ai pu entendre que ces femmes dépendantes à l’alcool évoquaient au prime abord la difficulté ponctuelle qui les avait poussées au passage à l’acte, puis abordaient leur consommation d’alcool qu’elles considéraient comme un moyen d’en finir avec la souffrance endurée jour après jour depuis leur enfance ; ensuite, elles pouvaient « livrer leur secret » : les violences sexuelles subies dans leur enfance.

Dans leur propos apparaissaient en majorité :

  • la culpabilité (pourquoi je ne l’ai pas empêché ?),
  • l’injustice (pourquoi moi ?),
  • la dévalorisation (je ne suis rien, je suis sale, vicieuse, mauvaise),
  • le sentiment d’abandon (personne ne m’aime ; personne pour me protéger)
  • le sentiment de rejet (ma mère, ma sœur, mon frère, les autres savaient et ont laissé faire).

Que ce soit autour de l’alcool, des violences sexuelles ou des tentatives de suicide, une chape de plomb s’abat sur le quotidien de la personne car ces sujets demeurent tabous, même de nos jours.

Il est difficile pour une personne qui boit de parler de sa consommation à problème ou de la perte de contrôle de sa consommation ; elle se cache et nie le pouvoir du produit car le problème est ailleurs et l’alcool est juste le moyen de ne pas sombrer plus encore…

Les violences sexuelles subies dans l’enfance laissent des traces indélébiles et le parcours de l’individu reste « tributaire » des faits, du silence ou de l’incompréhension, avec des pics de révolte et de violence tournée vers les autres  et bien souvent vers soi.

Le raptus suicidaire est, selon la majorité des propos relevés, dû au besoin d’annihiler la souffrance avec laquelle la suicidante a fait corps.

Il a souvent été  mis en évidence qu’un nombre important de femmes ayant un problème de consommation d’alcool et/ou de drogues avaient été victimes de violences conjugales, d’inceste, de viol, d’agression sexuelle et physique dans l’enfance.

La dépression peut être un précurseur ou un antécédent de la consommation problématique d’alcool.

Dans les entretiens, les femmes évoquent le traumatisme de l’acte subi dans l’enfance comme un frein à leur évolution tant relationnelle que professionnelle.

 L’existence de violences sexuelles subies dans l’enfance donnent régulièrement naissance à des sentiments de honte et de culpabilité ; d’autant plus si cela est demeuré secret.

Se sentir coupable de quelque chose, c’est reconnaître implicitement que l’on partage avec l’autre un certain nombre de valeurs communes : ce qui a été accompli n’aurait pas dû l’être.

C’est également se sentir responsable de ses actes.

La honte coupe l’individu du reste du monde.

Avoir honte, c’est se sentir étranger à l’autre au point parfois de douter du bien-fondé de son existence.

Faire quelque chose de mal et en avoir honte, confronte l’individu à inscrire cet acte inacceptable dans le récit de son existence sans pour autant que celle-ci ne devienne à son tour inacceptable.

L’analyse de pratique professionnelle permet à l’équipe de mieux comprendre ce qui se joue dans la relation de la patiente au produit et d’avoir les clés pour l’amener à:

  • différencier l’acte de l’acteur. Il faut considérer les circonstances dans lesquelles l’acte a eu lieu,
  • différencier l’individu de son groupe d’appartenance en lui donnant la possibilité de se créer des appartenances nouvelles.
  • connoter positivement la honte afin d’en faire un sentiment structurant et non désintégrateur de lien social.

Avoir honte c’est garder toujours présente à l’esprit l’idée d’un autre « soi » possible.
Ne pas avoir honte, c’est considérer l’inacceptable comme la norme.

Les professionnels peuvent lors des séances d’Analyse des Pratiques Professionnelles exprimer leur incompréhension quand les actes sont éloignés dans le temps et que le comportement de la personne ne semble pas y être lié.

Pourtant, cela peut rester en sommeil pendant certaines phases de l’

existence pour ressurgir avec intensité lors de la puberté, lors d’un « premier » rapport sexuel, à la naissance d’un enfant et provoquer une angoisse violente dont le sujet ne peut révéler l’origine s’il n’a pu auparavant faire état de ce qui lui était arrivé.

Cette angoisse peut entraîner l’apparition ou l’aggravation de troubles du comportement ou de la personnalité.

Ces troubles sont initialement provoqués par les abus : toxicomanie, alcoolisme, anorexie, tentative de suicide, conduites asociales ou encore premiers symptômes psychotiques.

Ne jamais oublier !

 Pour la victime d’abus sexuels, l’univers se divise souvent en deux mondes :

 le monde des « normaux », des gens qui n’ont pas à avoir honte de ce qui leur arrive.
 le monde de ceux qui sont rendus complices d’actes contre nature, ceux à qui « cette chose » est arrivée.

Un article de Gladys Palin
Psychologue et Intervenante en Analyse des Pratiques Professionnelles

essais cliniques

Essais Cliniques : Un Livre de Michel LEGOUINI

Les thèmes cliniques que nous présente Michel LEGOUINI dans cet ouvrage sont articulés dans un style clair, accessible, documenté et s’adressent aux médecins, psychiatres, psychologues, psychanalystes, psychothérapeutes, soignants, travailleurs sociaux , formateurs désireux d’approfondir leurs savoirs cliniques et ajuster leur position d’analysant de leurs pratiques professionnelles.

« Ce livre offre une lecture clinique au quotidien de troubles psychiques et de pathologies considérés comme des problèmes de santé publique.

Les traumatismes psychiques sont à décrypter comme des blessures psychiques provoquées par la rencontre avec un danger extérieur innommable  à savoir la terreur de maltraitances physiques et/ou psychologiques.

Sortir de l’événement traumatique est possible en inventant une solution singulière et advenir comme sujet désirant.

C’est opérer un clivage  entre un obscur trauma irréversible  et une clairvoyante extraction d’un corps étranger intrusif.

Désangoisser des patients et des personnes accompagnées c’est les apaiser en misant sur le pouvoir de la parole soignante et contenante.

L’angoisse phénomène universel, arrimé à aucun mot ou image, est un signe signalant quelque chose d’innommable pour un sujet dépersonnalisé.

Se désangoisser, c’est pour le professionnel canaliser son angoisse pour ne pas être submergé par ce toxique pouvant irradier son corps et brouiller son discernement.

S’interroger à propos de l’autisme , catégorie clinique complexe qui recouvre un spectre très vaste de phénomènes cliniques et de traits autistiques.

L’expérience clinique nous enseigne la multiplicité des tableaux cliniques en matière de troubles du spectre autistique.

Dans le cadre nosographique des troubles envahissants du développement sévères, ce sont des altérations neuro-psychiques associées à des anomalies génétiques et des co-morbidités somatiques et motrices.

Cette clinique de l’autisme  dans toutes ses formes diverses nécessite une méthodologie de projets de vie personnalisés  axée sur la sortie du repli autistique moyennant un usage de la parole car le sujet affecté d’autisme est surtout à  l’aise dans l’écrit comme l’affirme josef Schovanec.

Les enjeux de soins spécifiques et de l’accompagnement psychologique de sujets affectés de pathologies neurodégénératives exigent un savoir clinique actualisé et éclairé au cas par cas.

La qualité de l’accompagnement de  personnes âgées ou non cérébro-lésés  accueillies en hôpital gériatrique, en EHPAD, en MAS et en FAM, peut-être améliorée selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé avec l’outil analyse des pratiques orientée par une éthique du bien soigner et du bien-être accompagné.

Autisme, pathologies neurodégénératives, traumatismes psychiques sont associés à des troubles du comportement qui mettent en difficultés soignants hospitaliers et accompagnants médico-sociaux et sociaux.

Michel LENGOUINI Essais cliniquesAgressivité et violence , distinctement symptôme affectif explicite et trouble  pulsionnel opaque, s’inscrivent dans une dynamique de répétition traumatique.

Traiter l’agressivité et la violence implique  un positionnement asymétrique de l’accompagnant  qui fait fonction de contenant affectif , de tiers social séparateur et garant d’une protection de sujets très vulnérables.

A ces troubles affectant le corps sont associés des troubles de la fonction alimentaire, assez fréquents chez les personnes accompagnées  dans le secteur médico-social.

Ces troubles alimentaires révèlent des difficultés d’exister avec son corps et son histoire.

Ces différents troubles alimentaires, anorexie/boulimie, potomanie, pica, mérycisme… sont des solutions extrêmes ou identifications au pire par des êtres de langage pour tenter de résoudre des conflits psychiques face à une réalité extérieure difficile à incorporer. »

En savoir plus sur Michel LEGOUNI
Psychanalyse, Consultant, Formateur
Intervenant en Analyse des Pratiques, Supervision et Régulation d’équipe

essais cliniques

Acheter
Essais Cliniques
de Michel LEGOUINI

groupe analyse des pratiques

L’avenir du travail, entre espoir et inquiétude

L’APP comme soutien à l’émergence d’un nouveau management.

Apprendre à manager le travail et ainsi améliorer la QTV (qualité de vie au travail) est primordial pour toute organisation. En effet, l’influence du management est centrale dans la perception de la QTV. Bien que toute équipe professionnelle a un potentiel, souvent insoupçonné, pour s’entendre, s’entraider, coopérer et se transformer ensemble, mieux accompagner les transformations au travail et en même temps viser la performance à la fois économique et sociale des organisations est aujourd’hui indispensable.

Quand un collectif ne parvient pas à se réaliser, c’est le plus souvent  le signe qu’un enjeu relationnel est à l’œuvre. Dès lors qu’au moins l’un de  ses membres s’y sent « mal à l’aise », c’est suffisant à ce qu’il y ait un impact défavorable au bon fonctionnement, à la croissance de l’unité de travail. Quand certains des collaborateurs ne s’autorisent pas à être vraiment eux-mêmes, à parler à partir de qui ils sont, de ce qui les anime réellement, qu’ils n’arrivent plus à se confronter sereinement à eux-mêmes, aux autres, à la réalité, c’est la preuve que l’espace relationnel ne peut se déployé ce qui empêche, bloque tout élan à  la coopération.

Le cœur de mon métier d’’intervenante, est de créer un cadre à la fois sécure et transformateur. Créer les conditions nécessaires et suffisantes qui vont permettre aux personnes de traverser ce qui les empêche de coopérer, c’est-à-dire, d’être elles-mêmes, de pouvoir se dire tout ce qui doit être dit, d’aller au bout de ce qu’elles ont  à déposer en acceptant le croisement des regards, qui bien souvent, permet de s’auto- responsabiliser dans ce qui arrive afin de pouvoir avancer chacun et ensemble vers un objectif commun.

L’accompagnement en analyse des pratiques du travail en équipe, participe à lutter contre le sentiment d’isolement, les tentations d’absentéisme et/ou l’épuisement professionnel, de burnout. J’accompagne des équipes de travail et autres groupes de professionnels en analyse de pratiques, régulation d’équipes, et autres facilitations de libération de la parole.

A partir de situations-problèmes tirées du vécu des participants, mon rôle est d’encourager le dialogue conflictuel, de montrer à voir l’utilité du conflit si nécessaire, et ainsi favoriser l’émergence du processus d’intelligence collective qui devient possible durablement lorsque conditions et contexte sont stabilisés. Tout mon travail consiste à créer des conditions sécurisées d’espaces de confrontations, où les collaborateurs, ensemble, pourront affronter tensions, différends, divergences de point de vue et autres problèmes relationnels et/ou possiblement organisationnels.

L’analyse des pratiques est le plus souvent organisée en cycles. Le cycle lambda compte de 7 à 13 séances annuelles, d’au minimum 3 heures à 1 jour (à définir après un diagnostic concerté). Le plus souvent, les rencontres sont  espacées de 3 semaines minimum à maximum 5 semaines. Ce cycle ponctue des réalités professionnelles. Il s’agit de porter un  regard neuf et distancié sur des problématiques souvent complexes. La toute première séance, est consacrée à la constitution du groupe et à l’harmonisation des motivations.

Le recours à l’analyse des pratiques peut répondre à différentes demandes telles que par exemple :

  • acquérir un socle théorique commun
  • fluidifier la transmission des consignes, favoriser une information circulante
  • clarifier et affiner la posture professionnelle de chacun
  • permettre une meilleure prise en charge des publics, des usagers
  • obtenir un éclairage co-construit
  • optimiser les stratégies (éducatives)
  • anticiper les phénomènes d’usure et l’épuisement professionnel
  • favoriser l’émergence d’un nouveau management

Au cours de mon parcours professionnel, j’ai été moi aussi, confrontée à des situations de crises  plus ou moins fortes au sein d’équipes de travail, de collèges de bénévoles et autres publics. J’ai conscience des blocages qui peuvent survenir dans les équipes qui,  le plus souvent, sont confrontées à des freins à la coopération qui peuvent aller jusqu’a engendrer des  violences. La violence

blocages qui peuvent survenir dans les équipes qui,  le plus souvent, sont confrontées à des freins à la coopération qui peuvent aller jusqu’a engendrer des  violences.

blocages qui peuvent survenir dans les équipes qui,  le plus souvent, sont confrontées à des freins à la coopération qui peuvent aller jusqu’a engendrer des  violences.

blocages qui peuvent survenir dans les équipes qui,  le plus souvent, sont confrontées à des freins à la coopération qui peuvent aller jusqu’a engendrer des  violences. La violence peut prendre plusieurs visages, souvent silencieuse, clandestine, parfois subtile. Dans tous les cas, elle empêche, le « bien-travailler » ensemble et par conséquent de remplir sa mission au sein de l’organisation.

  • : Chantal Goubaud-Gougeon, Intervenante en thérapie sociale transformative
  • : contact@cheminfaisant.org

Formation: Gérer les situations difficiles et prévenir les conflits

La formation vise à rétablir ou à garantir un climat constructif.

Après avoir identifié les situations interpersonnelles complexes susceptibles de d’engendrer conflit et/ou agressivité, la formation permet d’acquérir une méthode pratique pour analyser, traiter et prévenir les conflits, en décodant ses propres réactions et celles d’autrui.

  • :
    • Identifier et analyser les situations interpersonnelles complexes susceptibles de d'engendrer conflit et/ou agressivité

    Comprendre les situations d'agressivité

    Identifier les différents stades: violence verbale, violence physique, conflit

    Cerner les différences de perception, d'objectifs, de valeurs, de besoins.

    • Comprendre et savoir identifier les mécanismes du conflit

    Les origines d'un conflit: individus, contexte, historique

    • Décoder ses propres réactions; adapter sa communication interpersonnelle, sa posture, sa gestuelle

    Faire un auto-diagnostic de son comportement et de ses réactions de défense instinctives

    Comprendre la place de l’agressivité dans les réactions de défense

    Évaluer son comportement

    Vivre et positiver les conflits difficiles à résoudre

     

    • Acquérir des outils comportementaux pour mettre en œuvre des actions préventives

    Réagir et s'affirmer face à un individu hostile

    Apprendre à séquencer une relation dès l'amorce du conflit

    Savoir réagir à bon escient en face à face

    Connaitre et mettre en œuvre différentes techniques d'analyse des conflits

    • Développer sa capacité d'écoute, sa compréhension des différentes cultures présentes dans le monde de la santé

    Comprendre les facteurs conduisant à des réactions d'agressivité:

    • l'équipe et l'organisation du travail
    • les patients et leurs familles

    Analyser les différentes situations de soins

    Connaitre les fondamentaux induits par

    • les pathologies et handicaps
    • les croyances et les représentations.
  • :
    • Études de cas en sous-groupes
    • Exercices de discussion : groupes, débats, à partir des expériences des participants
    • Questions/réponses:
    • Jeux de rôle et simulations
    • Utilisation de fiches: fiches de situations, définitions d’indicateurs, etc.
    • Plan d’action personnalisé sous forme de cahier de bord
    • Cas pratiques et mises en situation
  • :

    Annick Martin - Consultante Formatrice

    • Experte dans le domaine sanitaire et médico-social
    • Plus de 20 années d'expérience de direction
  • : 3 jours (21 heures)
  • : Au sein de votre établissement sur toute la France
  • : 5 à 10 partcipants
  • :

    Sur devis

  • Cadres en Mission
  • 144 Rue Paul Bellamy - CS 12417
  • Nantes
  • 44024 Cedex 1
  • : cadres-en-mission@analysedespratiques.com
  • : 06 62 78 25 67

Formation à la Prévention et la Gestion de l’Agressivité en Institution

Le personnel éducatif et bien souvent démuni devant l’agressivité verbale ou physique des usagers ou résidents. Cette formation permet de mobiliser la confiance, d’anticiper les événements, de s’enrichir de nombreux outils d’intervention et de mieux communiquer.
  • : Intra-Etablissement
  • : Travailleurs sociaux...
  • :
    • Comprendre les mécanismes en jeu dans les conduites agressives.
    • Ajuster ses réponses et ses attitudes dans les situations de violence et d’agressivité.
    • Gérer les différences de points de vue et contrôler des situations difficiles.
    • Mieux gérer ses émotions et s’affirmer dans le respect d’autrui.
    • Accompagner vers la coopération et les solutions constructives.
    • S’ouvrir à la prise en compte des ééménts systémiques en jeu (famille, institutions...)
  • :

    1. Éléments conceptuels : agressivité, violence…

    2. Disposer de modèles permettant de comprendre le fonctionnement humain

    •  Comprendre le rôle et les interactions des valeurs, croyances, processus de pensée, états émotionnels….
    • Mieux cerner les signes avant coureur des conduites agressives
    • Disposer de repère sur le chemin allant de la dépendance à l’autonomie puis à l’interdépendance.

     3. Savoir mieux gérer ses émotions et trouver la bonne distance

    •  Mesurer l’incidence des différents états émotionnels sur la perception
    • Prendre en compte les différents besoins et valeurs et de leur frustration
    • Disposer de processus et d’outils de gestion émotionnelle
    • Acquérir de nouvelles capacités à gérer ses états internes et a mobiliser ses ressources
    • Prende le recul nécessaire pour analyser et comprendre
    • Savoir à s’affirmer dans le respect d’autrui
    • mettre l’expression des sentiments et des besoins

    4. Mieux comprendre la relation à l’autre, sa nature et ses enjeux dans les situations conflictuelles

    • Les divergences de points de vue
    • Le rôle de la perception
    • Les jeux et enjeux relationnels
    • Les jeux psychologiques et la reconnaissance mutuelle
    • La prise en comptes des éléments systémiques: institution, équipe, familles….
    • De l’intention positive au comportement ajusté
    • Les principes de base en communication

    5. Les réponses individuelles et collectives: Accompagner la relation dans les situations difficiles

    • Adapter ses réponses en fonction du moment : avant, pendant, après
    • Anticiper les conduites agressives : observation, connaissance de soi et de l’autre, comportements…
    • Calibrer et utiliser la communication verbale et non verbale
    • Savoir comment établir une relation de qualité : Le rapport et la relation
    • Utiliser la gestion de l’espace dans la relation : proxémie
    • Comprendre les effets de synchronisation et de la re-formulation
    • Prendre en compte les asymétrie relationnelles
    • Tester les applications de la « position basse »
    • Disposer d’une communication pacifiante : l’expression des besoins, des sentiments et des demandes
    • Savoir guider vers de nouvelles options et des solutions constructives et éthiques
    • Apprendre à utiliser la méta communication
    • Intervenir dans les situations d’opposition
    • Découvrir comment faire de la médiation de conflits et accompagner les divergences de représentations
    • Mesurer l’incidence des les signes de reconnaissance et de la valorisation des rôles

    6. Les réponses institutionnelles:

    • Des causes à la prévention
    • La définition des fonctions et des rôles
    • L’intégration du cadre et des règles institutionnels
    • la triangulation de la relation : cadre, projet de l’usager, tiers….
    • La gestion du temps de l’espace et des flux
  • :
    • Apports théoriques
    • Apports techniques
    • Mises en situations
    • Partage de ressources
    • Support de formation
  • :

    Professionnel d'expérience du secteur

  • : 4 à 5 journées
  • : 14 Stagiaires
  • :

    Sur Devis

  • Cadres en Mission
  • 144 Rue Paul Bellamy
  • Nantes
  • 44000
  • : cadres-en-mission@analysedespratiques.com
  • : 06 62 78 25 67

Formation à la Prévention et la Gestion de l’agressivité physique

L’Agressivité physique des usagers : une réalité professionnelle.

Outre l’importance de savoir se protéger elle est à même de provoquer des craintes et des réactions qui entre parfois en conflit avec nos souhaits véritables et notre mission. Cette formation vous apportera la confiance utile à une nouvelle perception de l’agressivité physique et les outils indispensables à son accompagnement.
  • : Intra-Etablissement
  • : Travailleurs sociaux, personnel administratif, services généraux...
  • :
    • Mieux Comprendre les conduites agressives et les mécanismes en jeu dans les situations violentes
    • Anticiper, prendre de la distance et ajuster ses réponses et ses comportements dans les situations de violence et d'agressivité inter-relationnelles
    • Savoir protéger, se protéger et préserver l’intégrité de chacun en maitrisant l’agressivité
    • Réfléchir aux stratégies de prévention et élaborer les plans d’actions nécessaires
    • Mieux prendre en compte les éléments systémiques et institutionnels
  • :

     1.    Quelques concepts : violence, d’agressivité, agression…

    • Les différentes approches de l’agressivité et de la violence
    • Les différentes formes de violence (symbolique, physique…)
    • Les multiples facteurs de violence

    2.    Mieux comprendre le fonctionnement humain, la relation à l'autre et sa nature

    • La prise en compte des besoins : frustration et agressivité
    • Les divergences de points de vue et le nœud relationnel
    • Perception et subjectivité
    • Les indices précurseurs de la violence
    • De l'intention positive au comportement

    3.    Gestion des états émotionnels

    • L’incidence des états internes sur la perception des situations (Peur, Joie, Tristesse, Colère)
    • La gestion de la respiration
    •  Les positions "associée" et "dissociée"
    • Confiance et affirmation de soi dans le respect d’autrui

    4.    Prévenir et accompagner dans les situations conflictuelles ou violentes

    • L’anticipation les conduites agressives : observation et comportements (gestes, postures, intonations…) – calibration et évaluation objective
    • L’analyse et la compréhension des situations - Prise de recul et évaluation des risques
    • La communication verbale et non verbale pour désamorcer les tensions et conflits
    • La gestion de l'espace dans la relation : proxémique et Eumétrie
    • La posture d’excellence
    • L’écoute active
    • La communication non violente : l'expression des besoins, des sentiments et des demandes
    • Les règles de communication
    • Faire face aux situations de crise
    • Identifier le type d’agression et sa configuration afin d’ajuster au mieux sa réponse
    • Les techniques de protection, de dégagement, d’évitement, de contention…
    • La gestion d’après crise

    5.    La place et le rôle des systèmes :

    • L’institution : des causes à la prévention
    • La prévention : démarche et moyens
  • :
    • Apports théoriques et techniques
    • Démonstrations
    • Mise en situation et exercices en sous groupes
    • Etudes et analyse de situations à partir des expériences des stagiaires
    • Partage d’expériences et de ressources
    • Evaluation de fin de formation
    • Support de cours écrit remis aux stagiaires
  • : Coach professionnel Professionnel des techniques d'auto-défense disposant d'un expérience auprès des professionnels du secteur médico-social et de la santé.
  • : 4 à 5 journées
  • : 12 Stagiaires
  • : Sur Devis
  • Cadres en Mission
  • 144 Rue Paul Bellamy
  • Nantes
  • 44000
  • : cadres-en-mission@analysedespratiques.com
  • : 06 62 78 25 67

Formation : Prévention et Gestion des situations de violence physique et psychique

La formation vise à permettre au professionnel d’être en mesure d’adapter son comportement au regard de l’intensité de l’agression qu’il en soit le témoin ou qu’il soit lui-même agressé. Il va y apprendre à mieux identifier les risques et à les communiquer à ses collègues. Il y développera une capacité à mieux jauger de l’intensité de l’agression, sur une échelle allant de « la simple tension relationnelle » jusqu’à la violence physique.
  • : Intra-Etablissement
  • : Personnel des secteurs sociaux et médico-sociaux
  • :
    • Mieux appréhender et gérer l’agressivité physique.
    • Conserver son calme et son contrôle dans les situations de crise.
    • Maitriser et accompagner l’agressivité physique.
    • Savoir réguler en équipe des manifestations les situations de violence.
    • Restaurer la confiance en ses ressources personnelles et professionnelles.
  • :

    1- Appréhender et gérer l’agressivité physique :

    Définitions :

    • Définition de la violence : par rapport à l’agressivité, elle exprime la brutalité et se réfère aux règles. Elle ne vise pas à la seule protection du sujet mais à la destruction de l’objet.

    Les facteurs favorisant l’agressivité :

    • Sur le plan physique par :
      •  L’insatisfaction des besoins de base.
    • Sur le plan psychologique par :
      • La violation de l’intimité
      • La privation de sa liberté d’agir
      • La déresponsabilisation face à ses rôles sociaux…

    Contenir les situations de peur face à l’agressivité

    • Le sentiment de peur face à l’agressivité

    Se positionner face à la violence du patient souffrant de maladie psychique

    2 - Calme et contrôle dans les situations de crise

    • Les réactions des professionnels face aux agressions
      • Questionner ses représentations sur la violence, la sienne.
      • Comprendre et analyser ses réactions.
      • La place des émotions.
      • Partir de cas issus de la pratique des professionnels, pour déceler les principes déclencheurs d’agressivité.
    • Échelle des réactions
    • Stratégies d’intervention
      • Communication verbale et non verbale

    3 - Maitriser et accompagner l’agressivité physique

    • Développer des réponses et des attitudes individuelles et/ou groupales (désamorçage, communication, gestuelle…)
    • Communication verbale et non verbale
    • Gestion du stress dans les projections et positionnements futurs
    • Les ressources psycho-corporelles

    4 - Réguler en équipe les manifestations et les situations de violence

    • Vécues, prendre du recul sur les situations vécues, pouvoir déposer sa souffrance psychique afin d’objectiver dans le groupe une situation trop subjective.
    • Soins et agressivité, quelle alliance ?

    5 - Restaurer la confiance en ses ressources personnelles et professionnelles       

    • Se libérer de l’emprise psychique et émotionnelle de l’agression
    • Contrôler et maitriser ses réactions
      • prise de conscience de ses ressources corporelles
    • Développer son intuition pour acquérir une meilleure confiance en soi
  • :

    Apports théoriques et techniques

    • Démonstrations
    • Mise en situation :

    A l'issue de reconstitution d’une scène d’agressivité (forme de psychodrame), ou après avoir utilisé des moyens de contentions physiques, les professionnels se retrouvent pour parler de ce qu'ils ont vécu. Cette période d'analyse permet de formuler les émois et le ressentis aussi bien physiques que psychiques. Cela permet en général de retrouver des repères. Permettre également une possible verbalisation des traumatismes nés de la rencontre avec la violence, à partir d’une pratique dans laquelle « mises en situation» et verbalisations alternent. Initiation aux techniques de self défense / judo / jujitsu (être capable d’appliquer des techniques d’immobilisation et de contention).

    • Partage d’expériences et de ressources
    • Evaluation de fin de formation et évaluation des acquis de la formation
    • Support de cours écrit remis aux stagiaires
  • :

    Dominique SEJALON

    Formateur et Psychothérapeute

    •  Diplôme Universitaire Clinique du Travail Éducatif et Social -Université Aix Marseille
    • Psychanalyste Agréé par l’Institut Français de Psychanalyse Appliquée
    • Encadrement d’Athlète préparant les championnats Nationaux et Internationaux en Boxe Anglaise (1992/94)
    • Préparation Mentale de Sportives de niveau national et international en Gymnastique Rythmique et Natation (2010/2011) (Titulaire d’un Brevet d’Etat d’éducateur Sportif op. Ju /Jujitsu, d’un Brevet d’Etat d’éducateur Sportif op. Activité Physique Pour tous et de Diplômes fédéraux de Boxe Anglaise)
  • : 2 Journées consécutives
  • : 14 Stagiaires
  • :

    Sur Devis

  • Cadres en Mission
  • 144 Rue Paul Bellamy
  • Nantes
  • 44000
  • : cadres-en-mission@analysedespratiques.com
  • : 0662782567

Formation Prévenir et gérer la violence du public – Paris – 2 Jours

L’agressivité et les passages à l’acte violents des publics accueillis sont des moments difficiles et épuisants pour les professionnels. Il est possible d’entendre ces comportements comme des langages, de les analyser et d’apprendre à les prévenir et à les gérer.

  • : Inter-Etablissements
  • :
    • Jeudi 30 novembre et vendredi 1er décembre 2017
  • : Toute personne, bénévole ou professionnelle, en relation directe avec du public
  • :
    • Comprendre les causes de la violence,
    • Savoir agir et réagir face à l'agressivité et à la violence,
    • Prévenir les situations de violence en prenant du recul sur sa pratique.
  • :

    Repérer les origines de la violence

    • Identifier les différentes origines de la violence
    • Entendre la violence comme un langage

    Gérer les situations de violence

    • Réagir en situation de crise
    • Comprendre les conséquences d'un acte de violence
    • Se positionner en tant que professionnel et se référer à la loi

    Prévenir la violence : désamorcer l'agressivité

    • Repérer les déclencheurs de la violence
    • Développer son savoir-être relationnel par la communication
  • :
    • Informations théoriques étayées par de l'analyse de la pratique et des exercices pratiques.
    • Les apports théoriques sont issus de la Méthode ESPERE® de Jacques Salomé, de la Communication Non Violente et de l'analyse transactionnelle
  • :

    Anaïs EUVERTE est formatrice en droit et en relations humaines.

    Elle a étudié le droit et la criminologie et a travaillé pendant plusieurs années en milieu carcéral.

    Après plusieurs années d'expérience en tant que juriste et formatrice dans une association spécialisée dans l'accompagnement des femmes victimes de violences conjugales, elle a créé La Plumeuverte, un organisme de formation spécialement conçu pour les professionnels du secteur social et médico-social.

  • : 2 jours (13 heures)
  • : 12 personnes
  • :

    280 euros pour les particuliers 480 euros pour les professionnels (prise en charge employeur ou fons de formation)

  • SAS La Plumeuverte
  • 54 rue de la Madeleine
  • Château-Thierry
  • 02 400
  • : app-contact(at)laplumeuverte.eu
  • : 06 74 52 25 55

Analyse des pratiques une instance clinique

Analyse des pratiques – Une instance clinique

Lydia LEDIG psychanalyste, superviseur

Pierre se présente seul, en avance sur l’horaire. Je ne le sais pas encore, mais c’est lui qui prendra la parole en ouverture de séance. D’habitude discret, il est arrivé dans ce groupe « d’instance clinique » en tant que stagiaire en formation, aujourd’hui il est diplômé. Ce travail clinique de supervision se déroule en trois parties : le récit, la reprise individuelle par chaque membre du groupe, puis une mise en commun associée au travail d’interprétation du superviseur.

LE CONTEXTE

Ce groupe accueille des soignants de deux unités de psychiatrie. Je l’anime depuis six mois, à raison d’une fois par mois. Nous commençons tout juste à faire connaissance et à acquérir ensemble un style de travail. Nous nous installons en rond sur des chaises dans une petite pièce qui nous est allouée, un peu à l’écart. Pour chaque groupe de supervision, les contingences matérielles demandent des facultés d’adaptation qui ont une incidence sur le déroulement des séances. J’y réfléchis toujours en amont et parfois en cours de séance, en lien avec mes interprétations. La façon dont les participants arrivent, se saluent et s’installent est significative de l’ambiance.

Ce jour-là, à part Pierre donc, les participants nous rejoignent, un peu après l’heure prévue, certains me serrent la main, d’autres pas. Marine, très en retard,arrive la dernière. Ce jour-là, elle manifestera des difficultés. Dans un coin, s’installe toujours la même personne, là où elle ne peut être vue par tout le monde. La séance, qui dure deux heures, peut commencer.

LE PREAMBULE

Georges prend la parole avant même le début de la séance. Il reproche à ce travail de ne pas être suffisamment axé sur le transfert : « C’est mieux qu’avant (les participants ont rejeté un autre intervenant qui ne leur convenait pas) mais il y a trop d’études de cas. » Lors d’une séance précédente, il nous avait pourtant annoncé qu’il ne parlerait pas, expliquant qu’il prenait trop la parole par ailleurs dans l’institution. Lorsque Georges s’exprime, il s’investit de manière pertinente et constructive mais glisse facilement sur des questions d’analyses institutionnelles. Aujourd’hui, sa remarque est soutenue par d’autres participants. Je me justifie donc (peut-être à tort) sur la question du transfert. J’explique que je connais peu ce groupe, ce qui me rend prudente dans mes interprétations. Je ne souhaite déstabiliser personne pour éviter les difficultés vis-à-vis des collègues ou de l’institution. Sentant que mon interlocuteur m’y invite, je rebondis néanmoins sur ce qui m’est apporté pour avancer sur les questions transférentielles. Je n’oublie pas qu’en psychanalyse (dans le cadre d’une séance en cabinet) il n’y a de résistance que de l’analyste, mais ici c’est autre chose. La question posée est essentielle, car le repérage des places est nécessaire et différent d’une séance d’analyse. Mon employeur et l’institution qui le mandate ont chacun un rôle dans cette démarche.

LE CAS

Pierre prend la parole, seul. Comme prévu par le protocole, il n’est pas interrompu ni questionné. « J’ai des difficultés avec un résident, je ne peux plus le supporter, je ne pense pas être en souffrance mais je parle avant qu’il ne soit trop tard. » Il ajoute : « Je me soucie beaucoup, j’entends mon prénom tout le temps, même chez moi, je l’hallucine ». Puis, après un silence : « Je ne sais pas quoi dire de plus, c’est quel- qu’un d’attachant, je l’apprécie. » Pierre ajoute encore après une pause : « C’est violent, il m’appelle, c’est trop fort avec les choses de mon histoire. J’essaie de mettre de la distance, je ne sais pas comment. Je voudrais l’accompagner le mieux possible sans être affecté. » En prononçant ces derniers mots, sa voix s’assombrit et devient inaudible, j’entends qu’il nomme le patient évoqué « le résident »?

LE GROUPE

Un long silence suit. Dans le deuxième temps de cette séance d’instance cli- nique, les participants sont invités à prendre la parole à tour de rôle.

Julie se lance : « Ça me touche… à quel point on est pris dans des difficultés… » Elle parle de projet de construction, fait référence à des questions institutionnelles que je ne comprends pas et au diplôme de Pierre. Dans ses propos, on peut penser qu’il est mis hiérarchique- ment en position inférieure.

Karim prend la parole : « Pierre s’est lancé, dit les endroits où il est en difficulté, c’est sain, soutenir nos pratiques n’est pas évident avec la hiérarchie. Les histoires personnelles viennent envahir notre engage- ment. La hiérarchie doit soutenir les salariés. On doit travailler ça dans l’institution, l’adresse, l’écoute, le psychologique. La question de Pierre c’est comment se positionner, l’institution doit répondre. » Les échanges se poursuivent. J’entends que le résident dont il est question les appelle tous de la même manière, par leur prénom et avec insistance.

Jean-Pierre : « Je me suis vu lorsque tu as parlé. C’est bien que tu puisses en parler. Le travail en équipe peut te faire moins souffrir. Tu dois te reprocher de mal faire ton travail, rien de pire que de se sentir bouffé par une situation, c’est normal. J’ai appris à répondre à une seule chose à la fois et accepter de ne pas pouvoir tout faire. Quand c’est trop violent, on ne peut pas tout faire. Il faut déléguer, je délègue. »

Julie : « On avait parlé de lui il y a long- temps, j’étais en difficulté parce que ce patient ne m’appelait plus. »

Georges : « On est tous passé par là. Le fait qu’il me dise « bonjour » m’est devenu insupportable. Nous n’avons pas d’espace pour comprendre. Nous avons besoin de nous soutenir. Je suis content que tu en aies parlé, il provoque du rejet. Si je suis encore là… pas envie d’accepter bon gré mal gré… »

Pendant les prises de parole, Marine (arrivée en retard) sort en pleurant. Je sus- pends la séance et nous l’attendons. Au bout d’un moment, je sors voir si elle est dehors, mais il n’y a personne. Nous patientons. Enfin, Marine revient et s’excuse. Je lui dis que nous l’avons attendue. « Aucun lien avec ce qui se passe ici », précise-t-elle.

PREMIERS DÉCRYPTAGES

Oui, c’est bien que Pierre ait parlé, et alors? Que viennent faire les analyses liées à l’institution ? J’ai entendu les difficultés partagées avec ce résident mais je ne les comprends pas vraiment. Je remarque l’angoisse exprimée par Julie et le « content que tu en parles » de Georges. Je note les difficultés de Pierre à s’exprimer, le fait que je ne me représente pas le résident qu’il évoque et surtout la question de son éventuelle violence.

Pierre reprend la parole et développe son propos : « Ce résident parle beaucoup de violence vécue, il entend des voix et délire sur des questions de bagarres. Il me renvoie des choses. »

Puis Pierre parle de lui : « C’est un tournant professionnel pour moi. Je viens d’avoir mon diplôme et un contrat à durée indéterminée. Cette histoire me questionne, j’ai besoin d’avancer. J’ai pris rendez-vous ce matin pour commencer une psychanalyse. Je ne supporte pas de ne pas pouvoir accompagner au mieux les résidents. J’ai l’impression de stagner, de ne pas faire mon travail. J’ai trouvé ma place, j’ai compris que j’ai une relation transférentielle avec ce résident mais il faut que j’avance. Je suis mal de ne pas maîtriser et de ne pas avoir de réponse à tout. »

Georges : « C’est violent de rentrer en relation avec l’autre, ce qu’il raconte. J’ai moi-même cassé la tête à tout le monde, à un moment de ma vie. Soit je faisais un travail psychanalytique soit je me flinguais. On ne maîtrise pas nos émotions. »

Julie : « Comme je n’étais pas là à plein- temps c’est comme si, ce résident, je l’abandonnais à chaque fois, je partais tout le temps. »

Pierre : « La question de la bonne distance, je ne suis pas d’accord quand on dit que l’on n’est pas là pour les aimer. Pour moi c’est de la maltraitance. Quand il ne m’appelle plus, j’ai peur, je m’inquiète. Il a un versant dépressif. C’est vrai que j’ai du mal à parler. Pouvoir parler c’est comme faire des scoubidous. Le résident me dit : « Si j’avais eu un père comme toi »… C’est la question du filtre entre la vie personnelle et la vie professionnelle. »

Karim répond : « Tu as présenté ton bébé aux résidents, tu es repéré comme père, c’est ta vie personnelle, ta fonction paternelle. »

Pierre : « Quand il s’est fait hospitaliser il n’acceptait que moi dans sa chambre « tu me laisses tomber ! » disait-il ».

Je lui rétorque : « Ben oui il est lourd »…

Pierre : « Lorsqu’il parle de bagarres, de vols, rien ne fait loi pour lui, rien ne l’arrête. » Il termine : « Ce résident nous adresse autre chose… il a eu une gastro, s’est frotté l’anus jusqu’au sang et m’a adressé un mouchoir en me disant : « Je saigne » ». Pierre se questionne : « Peut- être ce patient a-t-il été abusé sexuellement? »

Après ces évocations j’interviens pour demander de quel côté se situe cette maltraitance.

Karim : « C’est une relation fusionnelle, l’autre n’existe pas, avec ce résident c’est la question de la distance, de la séparation. Par exemple comment éviter qu’il squatte le bureau ? »

Je remarque : « Quand il n’est pas là, il est là quand même, on s’inquiète, il ne disparaît pas de la pensée. »

Jean-Pierre : « On ne peut pas le sauver, sa mère l’a jeté, sa famille n’appelle pas, il ne faut pas s’en vouloir, on est des êtres humains. »

Puis vient la question de la supervision évoquée comme un manque institutionnel : « On ne peut exprimer pas son mal- être, ça me manque ».

Pierre me murmure un merci au moment de sortir.

LA PLACE DU SUPERVISEUR

Le sujet supposé savoir (SSS) n’est pas for- cément le superviseur, et cette place peut circuler et être prise par un autre membre du groupe. Mais c’est le superviseur qui porte les règles du dispositif. Au moment où Marine quitte la séance, c’est moi qui décide d’interrompre le travail du groupe pour lui donner toute sa place et garder la cohérence de l’ensemble. La place de superviseur peut être perçue comme extérieure aux préoccupations quotidiennes des participants et en dehors de l’institution, mais la réalité est plus complexe. La commande institutionnelle (contrat, paie- ment) fait que je peux être assimilée à l’institution elle-même. Comme le montrent les propos précédant la séance, je suis là pour recueillir une parole revendicative. Et si je ne suis pas salariée de l’institution, je me sens néanmoins par- fois en capacité de décider ou de com- prendre ses enjeux.

Dans ce même groupe, au cours d’autres séances, les participants m’ont demandé des apports théoriques. J’étais alors investie comme porteuse d’un savoir idéalisé. Or, il s’agit de se dérober au savoir comme à l’exhibition hystérique de l’observation. Cette place d’exception doit rester fondée et légitimée hors du groupe par le dispositif. On constate combien il est difficile de garder une posture stable, un cadre précis. Dans sa solitude et son inconfort, le superviseur s’autorise cette place, et comme le psychanalyste il ne se soutient que du désir qui l’anime. Il doit tenter de tenir une vacance porteuse de désir et de création individuelle plu- tôt que de répondre à l’attente d’une parole censée dire ce que chacun doit faire.

LE TRANSFERT CIRCULE

La supervision est d’abord un dispositif de travail : une commande à un prestataire extérieur, un lieu, un groupe de per- sonnes, un rendez-vous régulier… Puis on installe une fiction, avec ses règles et ses conséquences sur la question du transfert, où le superviseur n’occupe pas forcément la place assignée.

Cette fiction en trois parties, (le récit, la reprise individuelle par chaque membre du groupe, puis la mise en commun associée au travail d’interprétation du superviseur) peut- être assimilée à un praticable (1) qui permet des déplacements à partir d’éléments de la réalité. La règle du jeu n’est pas de produire du semblant mais d’opérer une

mise en mouvement. Ce travail échappe au savoir et à l’illusion de vouloir palier au manque de chacun. L’intérêt de cette formule, en trois parties, oblige à s’en- tendre et s’écouter.

Lors d’une supervision, la prise de parole est souvent précédée d’un silence plus ou moins long. C’est pourquoi, lorsque quel- qu’un se lance, sa parole est investie d’une écoute particulièrement attentive. Le récit est d’abord délivré aux autres dans une quête de reconnaissance. Le groupe réagit comme tel, il est plutôt bienveillant et maternant.

Le transfert précède le récit : il a d’abord lieu, dans l’exemple rapporté précédemment, entre Pierre et le résident. On remarque ici à quel point Pierre se lance à partir d’un impossible, d’un incommunicable. Il hésite, son discours est haché. La vérité se dit en morceaux. Lors de la première écoute, certains points me sont obscurs. On entend la solitude de Pierre et son sentiment d’insuffisance qui l’in- cite à faire appel à l’autre. Il se réfère à l’équipe et devient sujet dans l’institution. Il est frappant de noter que sa démarche suit de près son contrat en CDI. Il s’agit pour lui d’affronter ses difficultés, de se raconter, de prendre un risque personnel en affrontant le contrôle des autres. Dans cet exemple, le transfert avec le résident psychotique est massif. Sa nature intense et insistante donne des repères intéressants sur la structure psychique du patient. L’appel par le prénom, la nomination de l’autre comme si l’intéressé avait besoin de s’appeler lui-même sans cesse. L’effet produit sur les salariés est cohérent. Chacun a une façon différente de réagir, alors que pour sa part le patient adopte sensiblement la même attitude avec chaque soignant. Sauf avec Pierre qui semble avoir été entraîné plus loin. On remarque également l’absence de fonde- ment historique de l’anamnèse de ce patient et de cette relation. Souvent, dans la psychose, les récits n’ont pas d’inscription repérable dans le temps et la filiation. On entend également une confusion chez Pierre, le porteur du récit, qui,

dans un transfert, a « endossé » des hallucinations (« j’entends mon prénom tout le temps, même chez moi, je l’hallucine »).

Par ailleurs, dans la décision de Pierre de commencer une psychanalyse, on note une autre adresse, un ailleurs.

« Soigner le soignant », comme disait François Tosquelles. Les salariés en thérapie à l’extérieur de l’institution sont souvent ceux qui critiquent le plus mon rôle et avec les- quels le transfert est le plus négatif. Le « bon psy » c’est l’autre… peut-être celui que l’on a choisi et que l’on paye plutôt que celui mandaté par l’institution. Loin de résoudre des difficultés, la parole circule et produit des effets individuels. On entend bien comment chacun est pris dans la parole de Pierre. Entre Julie qui fait référence à des questions d’abandon et Jean-Pierre qui lui explique qu’il faut déléguer, il y a une mise en lumière, individuelle mais aussi une mise en mouvement. L’éclairage sur le rôle paternel de Pierre vient d’un collègue. Le transfert circule. On se demande si, lorsque Pierre revendique le fait d’aimer les résidents, il ne parle pas du transfert. Une forme d’amour bien décrite par Freud mais si difficile à saisir.

À partir d’une situation étanche et complexe à formuler, Pierre a donc provoqué des fuites et tenté de redonner à chacun, y compris les absents évoqués (ici les résidents), sa place de sujet. Le dispositif du récit n’est pas anodin : c’est un parcours, un chemin qui se poursuit pour chacun sur sa route différente de celle de l’autre avec quelques espaces communs.

1/Le praticable est un objet utilisé dans le spectacle, le plus souvent en bois, sur une structure en aluminium. Ces plateaux de formes rectangulaires montés sur pieds réglables, sont utilisés de toutes sortes de façons pour créer un lieu, une scène, différents niveaux (musiciens), ou tout simple- ment pour s’asseoir, ils sont le plus souvent peints en noir et les gros praticables sont montés sur roulettes.

Un article de Lydia LEDIG – lydia.ledig@lesateliersdusocial.fr

Coordonnées

A-FCC Analyse des Pratiques Professionnelles
Adresse principale :
Parc Richelieu - Entrée 7
F-33800 Bordeaux, France
Tel:( 33 9) 54 95 76 84
Fax:( 33 9) 59 95 76 84
E-mail: contact(at)analysedespratiques.com
URL: