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Un vrai pas de côté grâce à l’analyse des pratiques

Situation au sein d’un GAPP

Un exposé simple :

Lors de l’une des dernières séances que j’ai animée, nous avons travaillé sur une situation au titre évocateur : « AVS incompétent ».

Il s’agit d’un SESSAD qui intervient dans les l’accompagnement d’enfants autistes.

Le professionnel qui a exposé cette situation est éducateur spécialisé. Il expose la situation d’un enfant dont les capacités de travail sont importantes et qui pourraient bénéficier d’une stimulation plus souple, plus pertinente.

Tout d’abord reprenons les faits tels qu’ils sont exposés : cet enfant bénéficie d’un accompagnement d’un AVS sur le temps scolaire, et d’un accompagnement du SESSAD. Il est en classe ULIS, et bénéficie d’une inclusion en accompagnement scolaire.

La difficulté rencontrée par l’éducateur du SESSAD : des consignes sont transmises pour l’accompagnement de l’enfant, mais celles-ci ne sont pas suivies par l’AVS. Ainsi l’enfant n’effectue pas les tâches seuls, mais toujours sous le regard et l’accompagnement « oppressant » de l’AVS.

La volonté de l’éducateur est de permettre à cet enfant de s’épanouir. Il est convaincu que cet enfant a les capacités pour réussir un grand nombre d’exercices seul. Mais ce n’est pas le cas car cet AVS ne respecte pas les consignes.

En conséquence la question que se pose le professionnel : comment faire pour que cet AVS écoute les consignes et permette à cet enfant de s’épanouir ?

Un arbre qui cache la forêt

Le débat et les questionnements s’installent au cours de la séance. Puis au fur et à mesure du déroulé de cette histoire, nous découvrons que d’autres acteurs entrent en ligne de compte.

Contrairement à ce qui est exposé dans un premier temps la situation s’avère bien différente. L’enseignante de la classe ULIS est un acteur majeur dans cette situation.

 Cette dernière joue un rôle fondamental dans l’histoire, alors que l’éducateur n’avait pas évoqué sa présence.

En poursuivant les questionnements les échanges se décalent. Il fut nécessaire d’aider les professionnels présents dans la salle à faire un pas de côté. Leur « jugement » quelque peu rapide de l’AVS n’était que la face cachée d’une enseignante spécialisée maltraitante dont il ne souhaitait probablement pas évoquer les faits.

En effet, cette enseignante pourtant enseignante en classe ULIS, tient des propos humiliants envers les enfants, et également envers les AVS. Elle a tenue des propos dégradants, vexatoires tant envers les enfants qu’envers les AVS. Les exemples présentés par l’éducateur sont nombreux et ne prêtent pas à confusion. Après cette « libération » de la parole, différents membres de l’équipe prennent la parole et exposent des faits similaires concernant l’enseignante, son comportement et ses propos.

L’accompagnement que j’ai mené pour cette situation a été de faire prendre conscience à l’équipe que le comportement de l’AVS n’était probablement qu’une réponse à ces méthodes et qu’il souhaitait simplement se protéger de cette enseignante.

En effet, dans les exemples cités, les AVS étaient également la cible des propos de cette enseignante.

Finalement, l’ensemble de l’équipe a entendu que l’AVS ne pouvait pas fonctionner autrement car il s’exposait systématiquement à des actes et discours vexatoires de la part de l’enseignante s’il ne répondait pas aux exigences de l’enseignante. L’AVS était inquiet pour son avenir en terme de poste.

Comment sortir de ce nœud inextricable :

Une fois accepté par tous l’idée que l’AVS n’était peut-être pas incompétent, l’idée a été de comprendre comment accompagner l’enfant, et l’AVS sans mettre en danger l’AVS auprès de l’enseignante. Schéma s’il en est délicat, et insécure.

Présenter la situation n’a pas permis de résoudre la difficulté bien évidemment. Toutefois, cela a permis de mettre en avant que de nombreux professionnels de l’équipe partageaient cette analyse. Ils avaient tous constaté des faits maltraitants.

L’idée a été de les accompagner dans ce partage de l’information, et dans la réassurance par rapport leur collectif.

Au-delà de toute procédure qui ne m’appartient pas, mon objectif a été de leur permettre de s’entendre sur le fait que cette situation n’est ni acceptable, ni tolérable, et répréhensible par la loi.

Il appartiendra ensuite à l’équipe de mettre en œuvre toute démarche qui permettra de dénoncer cette situation et ainsi de protéger les enfants.

In-fine mon rôle d’animateur de GAPP a été de leur faire faire un pas de côté et ainsi de comprendre tous les enjeux de cette situation, et comment ce qu’ils « voyaient », ce qu’ils pensaient, était le résultat d’un évitement de leur part pour ne pas voir ce qui était très douloureux : une enseignante maltraitante, et une incapacité de chacun de dénoncer cette situation.

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Intervenante en Analyse des Pratiques sur les régions:
Occitanie | Provence-Alpes-Côte d’Azur | Île-de-France

La loi ASV favorise la mise en place des GAPP

Des mises en place de GAPP difficiles :

Dans ce secteur les groupes d’analyse de la pratique professionnelle ne sont pas monnaie courantes. Certaines structures débutent tout juste leur mise en place, quand beaucoup d’autres ne connaissent pas encore l’existence de ces groupes.

Au-delà d’une certaine méconnaissance des dispositifs par les équipes de direction, des problématiques d’organisation sont souvent un vrai frein à leur mise en place. Bien que je le rappelle certaines structures commencent à mettre en place des groupes de paroles, des groupes d’analyse de la pratique professionnelle.

Un espace professionnel nécessaire pour les équipes :

Dans ce secteur, les professionnels sont seuls dans leur cadre d’intervention. Ils rencontrent souvent des problématiques dans leurs interventions qu’ils trouvent finalement « normales » car habituelles, et la difficulté se maintient sans que rien ne change.

Ces espaces sont de véritables espaces où les professionnels peuvent souffler verbaliser, poser leur difficulté ou leur souffrance. Il ne s’agit pas systématiquement d’une difficulté affichée, mais bien d’une situation qui peut interpeller, ou d’une problématique récurrente.

Lors des échanges dans ces espaces les professionnels s’aperçoivent souvent qu’ils ne sont pas seuls face à ces mêmes difficultés. Cela permet très souvent de rompre la situation d’isolement de leur fonction, et de partager des expériences communes.

Un appui : la loi ASV :

La loi d’Adaptation de la Société au Vieillissement (ASV) n°2015-1776 du 28 décembre 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement est venue modifier certaines règles dans ce secteur notamment en modifiant les agréments en autorisations. La loi ASV a inscrit l’ensemble des SAAD dans un régime unique d’autorisation, l’article 47 de la loi soumet désormais l’ensemble des SAAD aux mêmes garanties.

Au-delà de cette modification importante, un cahier des charges national a été rédigé. Ce cahier des charges a pour vocation à harmoniser les contours des services d’aides à domicile. Le Décret n°2016-502 du 22 avril 2016 relatif au cahier des charges national des services d’aide et d’accompagnement à domicile permet d’en connaître les éléments avec précision.

Dans ce cahier des charges, le législateur met en avant l’analyse des pratiques professionnelles et en tout cas, un temps d’échanges entre les professionnels.

Dans la section V de ce cahier des charges il est précisé :

« 5.2.2. Le gestionnaire propose en faveur des salariés de la structure :

  • des actions de sensibilisation aux problématiques de santé au travail telles que les risques professionnels ;
  • des réunions d’information et d’échanges notamment sur les bonnes pratiques, le respect de la déontologie ; »

L’inscription dans une loi, et la rédaction de ce cahier des charges sont de réelles avancées, cependant cela n’a pas pour autant révolutionné la pratique dans ce secteur.

En tant qu’animatrice, j’anime plusieurs GAPP auprès de différents services d’aides à domicile. Très souvent, la demande émane du Conseil Départemental qui exige des SAD la mise en place des GAPP, ou à la suite d’un CPOM.

Un véritable champ d’intervention qui reste à mettre en place :

Modifier les pratiques dans un secteur nécessite du temps. Bien qu’une loi, et que le décret précisant le cahier des charges, soient officiels, il s’agit de la mise en place d’une nouvelle pratique professionnelle. Or nous savons bien que modifier les pratiques, ou inscrire ou une nouvelle pratique est chose difficile.

D’autant que ces structures ne sont pas toutes de taille identique. Plus le nombre de salarié est faible, plus il est difficile de mettre en place des formations d’autant plus des GAPP. Cette modification va nécessiter du temps, des explications, et des accompagnements :

« Ce n’est pas le changement qui fait peur aux gens, mais l’idée qu’ils s’en font » Sénèque

Au-delà de la peur du changement, il y a la volonté des directions à mettre en place ces espaces. Tant que la compréhension de l’analyse des pratiques professionnelles ne sera pas totalement appréhendée par les directions de ces structures, les GAPP ne verront pas le jour de façon régulière.

En effet, il sera important de passer l’image que ces groupes ne sont pas des groupes de paroles libres, mais bien un travail sur des situations cliniques, qui vont réellement permettre aux intervenantes de réfléchir à leur méthode de travail.

Souhaitons que cette incitation par le législateur permette tout de même que les services d’aides à domicile mettent en place spontanément les GAPP.

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Professionnel de l’Analyse des Pratiques Basée en Occitanie
intervenant également sur la région île de France

Des outils innovants pour les groupes d’analyse de la pratique professionnelle

L’animation des groupes d’analyse de la pratique professionnelle est plus ou moins « codifiée », tant au niveau du profil des intervenants que de la structure de la séance. En effet, nombreuses encore sont les structures qui recherchent et privilégient plutôt un profil psychologue. Concernant l’animation de la séance, je me suis beaucoup interrogée sur le côté figé des séances. Pourquoi les séances ne seraient-elles pas aussi l’objet d’animations atypiques ?

Une interrogation sur les séances d’APP dépassée :

J’anime des groupes d’analyse de la pratique professionnelle depuis plusieurs années maintenant. J’ai été formée à l’animation de ces groupes. J’en a gardé une architecture, et du coup une certaine rigueur dans l’organisation de la séance.

A plusieurs reprises comme nombre d’animateurs de GAPP, j’ai été confrontée à des difficultés : l’absence de situations, ou la difficulté de la mettre en mots.

Je me suis bien évidemment interrogée sur ma propre pratique et sur ce que je pouvais induire au sein des groupes. Mais j’ai aussi cherché à trouver des outils pour faciliter cette prise de parole.

Aujourd’hui j’ai passé le cap de l’interrogation, et je m’autorise régulièrement en fonction du besoin, du groupe, de la question, bref de l’ensemble du contexte à utiliser un outil qui sort du contexte de l’analyse de la pratique professionnelle.

Exemples d’outils en séance d’analyse des pratiques :

Dans un groupe de professionnels de la petite enfance (dans un relais parental) : j’utilise régulièrement un jeu de carte. En effet, ce groupe avait du mal à prendre la parole. J’ai alors utilisé un jeu de cartes pour le permettre de prendre la parole à tour de rôle. Après plusieurs séances, où les participants réclamaient ce jeu de carte, la prise de parole s’est réellement libérée, et ce jeu n’est plus d’actualité. Aujourd’hui le groupe fonctionne avec des situations cliniques qui les mettent en difficulté, et n’ont plus le besoin d’utiliser cet outil.

Dans un autre groupe accueil de jour personnes âgées : j’utilise le théâtre. Dans ce groupe, j’ai institué une fois par trimestre la venue d’un comédien qui théâtralise les situations. Cela fait un bien fou à l’équipe de sortir des sentiers battus de l’analyse des pratiques conventionnelle. Au-delà de l’impact avéré de la mise en scène sur la perception des professionnels quant à leur mode d’intervention, il y a une forme de plaisir à jouer des rôles. Les peurs de jouer devant les autres ont été vite dépassées. Ces jeux permettent aux équipes de dédramatiser les situations, et de prendre conscience autrement de postures professionnelles qui peuvent impacter le comportement des aînés.

Dans d’autres groupes je vais utiliser ponctuellement des outils comme des exercices de respiration, ou des exercices de travail de la posture, de l’ancrage.

Bref, aujourd’hui lors des séances d’analyse des pratiques, je ne m’interdis plus de mettre en place un outil nouveau. Bien sûr cela va quelques fois perturber le groupe, mais cela va aussi très souvent lui permettre de faire un pas de côté nécessaire à la réflexion, et l’analyse.

Aucune obligation pour les membres du GAPP : 

Je suis bien entendu vigilante à ce que le groupe soit réceptif. Il n’est pas envisageable de forcer un groupe à utiliser un outil avec lequel il ne se sentirait pas à l’aise, voire serait en opposition. Il y a des groupes où je n’utilise aucun outil car l’opportunité d’utiliser un outil ne s’est pas fait ressentir.

Ce que je remarque maintenant c’est que cette liberté dans l’utilisation d’outils divers et variés, et ainsi l’animation des GAPP, me permet de d’accompagner au mieux les équipes et de créer de véritables liens de confiance notamment grâce à l’humour et la dérision au travers de ces jeux.

Ces outils font partie intégrante de ma façon d’animer, je ressens une réelle liberté et j’en fais profiter les groupes que j’accompagne.

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Professionnel de l’Analyse des Pratiques Basée en Occitanie
intervenant également sur la région île de France

Comment améliorer la cohésion et la communication dans une équipe ?

Mettre en place un groupe d’analyse des pratiques professionnelles

Un temps d’échange favorable à la communication :

Comment ce temps permet il plus de communication et in-fine une plus grande cohésion ?

Grâce à une écoute bienveillante nous sommes tous en capacité de nous poser et d’écouter l’autre. Cela malgré des climats de tension dans les institutions grâce à la présence d’un animateur tiers.

Cette écoute bienveillante permet de rompre le sentiment d’isolement des participants.

Le contexte compétitif actuel n’est pas favorable à « l’étalement » de ses difficultés surtout lorsque l’on est cadre. Cette posture est vécue comme une faiblesse. Cette image très négative pousse les individus à s’isoler et à tout vivre négativement ou comme des échecs.

Avoir la possibilité de le partager dans le cadre d’un temps professionnel est donc nécessaire pour apaiser ces tensions sous jacentes.

Ce partage conduit très simplement à la construction d’une cohésion au sein de l’équipe. Les professionnels, collègues, ne se regardent plus en terme de défi à mener, mais de façon bienveillante.

Avec une meilleure communication l’amélioration des pratiques professionnelles est possible :

La confiance s’installe dans le groupe grâce à cette meilleure communication. En effet, dès la confiance installée, les professionnels s’autorisent à dévoiler des situations beaucoup plus complexes.

Fréquemment, l’analyse qui est faite par le groupe est décalée par rapport au professionnel qui la présente.

Des propositions de solutions peuvent être posées par le groupe, alors très aidant. Mais l’important c’est la possibilité qui est laissée au professionnel de regarder différemment sa situation et de trouver lui-même sa propre solution.

Il s’agit bien ici d’amélioration de ses pratiques.

Prenons un exemple dans un groupe de cadres que j’accompagne. Ce groupe est constitué de l’ensemble des cadres d’un pôle handicap : ESAT, Foyer de Vie, FAM, et tous les services généraux. Tous les chefs de service sont présents, le groupe est constitué de 14 professionnels.

Dès la première séance, une communication très difficile empêche l’analyse de toute situation sereinement. Le groupe chahute voire accuse la direction générale de la mauvaise ambiance au sein de l’institution. Cependant rapidement le constat est fait que cette mauvaise ambiance date de bien avant l’arrivée de la nouvelle direction générale.

L’idée est alors d’accompagner le groupe vers une meilleure compréhension de leur difficulté : l’absence de communication. Alors que chacun s’exprime à tour de rôle, je comprends vite qu’aucun des professionnels autour de la table ne connait réellement le travail de son collègue, et les implications sur les différents services.

J’entends que des propositions d’organisations de rencontres ont bien été faites mais n’ont jamais abouties. Je pousse alors le groupe sur cette difficulté :  

  • comment a-t-elle été faite ?
  • pourquoi n’a-t-elle pas été aboutie ?

Il ressort de l’analyse collective de cette situation que personne ne s’est saisi de cette proposition. Chacun attendait que « l’autre » l’organise, et surtout, pensait que « les autres » n’avaient pas envie.

La libération de la parole au sein du groupe, mais surtout le respect de la parole de chacun a permis au groupe de poser plusieurs éléments :

  • la nécessité d’organiser des rencontres,
  • la nécessité d’apprendre à mieux se connaitre professionnellement, et donc de partager la vie professionnelle de ses collègues,
  • l’importance de poser toutes les questions nécessaires à une bonne compréhension : ne pas avoir peur d’aller à la rencontre de son collègue.

Aujourd’hui le groupe se sent plus solidaire, et a appris à partager des moments de crises, mais surtout à les vivre ensemble sans avoir peur.

Le groupe n’est plus en opposition permanente avec la direction générale de tous les mots mais est en capacité de s’exprimer lors des directoires sur des désaccords qui leur semblent importants.

L’ambiance s’est très nettement améliorée et a permis de voir une difficulté autrement que comme un potentiel échec.

Un article de Belinda INFRAY – adimpletionum@gmail.com

  • : Belinda INFRAY

L’analyse de la pratique professionnelle pour les cadres

Très souvent les encadrants, cadres, chefs de services ou directeurs pensent à la mise en place d’un groupe d’analyse de la pratique pour leurs équipes. Ils n’osent pas, ou ne pensent pas que cela pourrait  être tout aussi intéressant et bénéfique de le mettre en place pour l’équipe de cadres.

LA SOLITUDE ET L’ISOLEMENT des cadres sont souvent mis en avant lors de temps d’échanges entre cadres.  Le simple fait de mettre en place un espace de parole commun permettra dans un premier temps de rompre ce sentiment d’isolement. D’après Denis Monneuse :

« ILS SONT GERES DE FAÇON TRES INDIVIDUALISEE PAR LES ENTREPRISES ET SONT EN CONCURRENCE POUR MONTER DANS LA HIERARCHIE. TOUTE HESITATION EXPRIMEE A HAUTE VOIX POURRAIT ETRE PERÇUE COMME UN MANQUE DE COMPETENCES OU D’ASSURANCE. CELA CONTRIBUE A LES FAIRE SE RENFERMER SUR EUX-MEMES, ET A DONNER L’IMPRESSION QUE TOUT VA BIEN MEME SI CE N’EST PAS LE CAS. »

Cette impossibilité d’exprimer une difficulté peut engendrer des conséquences sur le travail et sur la personne quelques fois dramatiques et amener le cadre à l’épuisement professionnel.

Cette isolement et donc cette incertitude rend pertinent la mise en place d’un espace d’accompagnement pour les cadres.

Le déroulé d’une séance d’analyse des pratiques pour les cadres est identique à celui d’une séance d’analyse des pratiques pour les équipes. La différence est de deux ordres :

  • les situations : elles relèvent bien entendues beaucoup plus de prise de décisions, de situations de management, de conflits avec un collaborateur. Dans la plupart des cas, il s’agit d’une problématique liée à la posture du cadre.
  • la capacité à se dévoiler : les cadres ont beaucoup de difficultés à exprimer leurs sentiments, leurs ressentis. Comme-ci dévoiler un ressenti douloureux était un aveu de faiblesse.

C’est bien souvent du fait de cette difficulté à se dévoiler que les groupes de cadres ne se mettent pas en place, ou ne parviennent pas à être pérennisés. Pourtant, dès lors que ce pas est franchi, le groupe d’analyse de la pratique devient un accompagnement pertinent de l’équipe de cadres.

Cet accompagnement leur permet de trouver entre eux des solutions innovantes, et de construire une réelle cohésion d’équipe d’encadrement.

Il faut considérer que l’analyse des pratiques fait partie de ces nouvelles formes de formation PAR ET DANS les situations de travail.

Le temps de l’analyse des pratiques permet de se dégager un temps pour soi, et pour ses pairs. Il permet également de travailler sur des situations que vous imaginiez bloquées. Ce temps d’échanges, d’analyse et de constructions d’hypothèse va aider celui qui expose, mais aussi ceux qui écoutent, questionnent. Un effet miroir est fortement ressenti pendant ces temps d’échanges.

Ce temps d’échanges de la pratique permet de renforcer la confiance en soi grâce à des effets de résonances du discours de l’autre. Alors laissez-vous tenter, laissez-vous guidez, laissez-vous accompagner pour un temps d’analyse de la pratique de cadre.

Un article de Belinda INFRAY – adimpletionum@gmail.com

L’analyse des pratiques professionnelles dans les EHPAD

L’analyse des pratiques c’est quoi ?

Le groupe d’analyse de la pratique professionnelle peut se mettre en place en intra mais également en inter. Ce temps d’échange permet à l’équipe de mettre à jour les pratiques professionnelles nécessitant une relecture collective à travers l’analyse de situations vécues.

Objectifs de la mise en place de l’analyse de la pratique

  • Proposer un espace d’accueil et de mise en mots du vécu professionnel en lien à la relation et à ses difficultés.
  • Écouter et accueillir les impacts émotionnels tout en accompagnant la mise en état ressource.
  • Mettre à jour les dynamiques et les enjeux sous-jacents aux problématiques présentes dans la relation d’accompagnement.
  • Permettre une prise de recul et de réflexion quant à ses propres modes de fonctionnement et à ses interventions éducatives.
  • Proposer de nouveaux outils d’analyse et différents modèles de compréhension des symptômes offrant ainsi une plus grande adaptation des réponses.
  • Permettre l’émergence d’hypothèses.

Cette pratique est régulièrement mise en place dans le cadre de la formation dans le secteur du handicap notamment. Il est aujourd’hui fort peu développé à tort dans le secteur de la gérontologie.

En effet, au vu de la complexité des situations, des relations très souvent difficiles avec les familles, l’analyse de la pratique professionnelle permet aux équipes de regarder autrement les situations dites cliniques, et d’être moins en souffrance face à l’agressivité fréquente des résidants et/ou de leur famille.

L’analyse des pratiques professionnelle permet de consolider l’identité professionnelle d’une équipe et donner du sens au travail : prendre en compte l’écart entre l’idéal professionnel et la réalité des pratiques.

Un outil de formation à développer dans les EHPAD

L’analyse des pratiques professionnelles au sein d’un EHPAD permet bien évidemment d’adopter une posture professionnelle, trouver la bonne distance relationnelle avec l’usager.

En effet les situations vécues sont sources de conflit important. Prenons l’exemple d’un refus de toilette. Ce refus va engendrer certainement :

  • De l’agressivité ou une forme de maltraitance de la part du soignant,
  • Une interrogation voire une réprimande de la part de la hiérarchie,
  • Une plainte orale ou écrite de la part de la famille,

Cette situation va probablement générer :

  • de l’incompréhension,
  • du stress,
  • de la non bientraitance,
  • de la colère.

Se poser et aider le ou les professionnels à comprendre ce que se joue dans la relation soignant-soigné, et dans la posture du refus de la personne âgée apportera de la sérénité. Tout d’abord l’écoute apportée par le groupe apportera une bienveillance engagée et permettra au professionnel de se sentir compris. Ensuite l’éclairage qui sera apporté par l’ensemble des professionnels et de l’animateur donnera un éclairage nouveau à l’ensemble du groupe.

Les personnes âgées vivant en EHPAD, rencontrent de réelles difficultés de compréhension et les professionnels quant à eux se sentent pris entre deux feux, voire maltraités entre les obligations faites par les directions, les demandes des familles et les refus des résidants.

A nouveau accorder un temps régulier où la parole est libérée c’est donner de la considération à une équipe qui en a besoin. Donner ce temps régulier c’est également, éviter le burn-out d’une équipe qui peut se sentir épuisée.

Il est temps aujourd’hui que les EHPAD mettent en place les groupes d’analyse de la professionnelle afin d’aider les équipes et in-fine les résidants à mieux vivre.

Un article de Belinda INFRAY – adimpletionum@gmail.com

Pourquoi mettre place un groupe d’analyse de la pratique professionnelle

Pour comprendre pourquoi il est important de mettre en place une telle pratique au sein des équipes prenons un exemple d’une situation vécue. Une équipe accompagnant et intervenant au domicile des personnes âgées : les gestionnaires de cas – MAIA.

Cette fonction très nouvelle en France requiert des équipes expérimentées qui devront accompagner des situations de personnes âgées dites en situations complexes. Les situations relèvent quelques fois de l’intenable et de l’impossible pour les professionnels en poste.

Un problème de posture du gestionnaire de cas:

Le gestionnaire de cas va devoir évaluer et prendre le temps de créer une relation de confiance avec la personne âgée. A contrario, les professionnels intervenant déjà dans la situation n’auront de cesse de demander des actes, des actions, et des réponses immédiates, car la situation perdure souvent depuis longtemps.

Le gestionnaire de cas sera ainsi « tiraillé » entre les professionnels partenaires, la personne âgée, son chef de service, et parfois même la famille. Chaque intervenant souhaitera que le gestionnaire de cas adhère à ses points de vue.

Cette situation est bien souvent pénible et difficile à tenir sur de longs mois.

Jusqu’où aller ? Quelle est ma place ? Suis-je légitime à réaliser cette action ?

Autant de questions auxquelles un groupe d’analyse de la pratique tentera de répondre.

La mise en place d’un groupe d’analyse de la pratique permettra alors de donner un temps privilégié à l’équipe de gestionnaires de cas. Il s’agit d’un espace d’écoute où la disponibilité du groupe et la bienveillance engagée seront présents. Le gestionnaire de cas pourra se repositionner dans sa relation avec la personne âgée, et les partenaires, notamment au travers d’un travail systémique.

Prendre du recul et redonner du sens au travail :

Cet espace de dialogue redonnera du sens à l’action du gestionnaire de cas, notamment grâce à sa posture.

Savoir comment accompagner, comment se positionner est essentiel, et permet de donner du sens à son travail. Ce temps d’analyse de la pratique redonnera du « souffle » au gestionnaire de cas en plein questionnement et en plein doute.

La place du professionnel dans l’accompagnement versus la posture professionnelle est une clé de la réussite de l’accompagnement, et notamment avec des publics très vulnérables comme les personnes âgées en situation complexe.

Savoir prendre du recul et se sentir légitime sont nécessaires dans l’accompagnement, mais d’autant plus lorsqu’il s’agit de population très fragilisée.

L’espace de l’analyse des pratiques est une bulle professionnelle où les gestionnaires de cas peuvent s’exprimer et prendre du recul. Ils se sentent écoutés et considérés.

Ce temps de travail et d’analyse leur donne accès à d’autres clés de lecture des parcours de vie et des liens d’accompagnement qui ont pu se tisser au fil du temps.

L’analyse de la pratique des gestionnaires des cas est une nécessité ressentie par de nombreuses équipes.

Un article de Belinda INFRAY – adimpletionum@gmail.com

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