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Articles marqués avec ‘Analyse des Pratiques Professionnelles’

formation à l'analyse des pratiques

Formation à l’Analyse des Pratiques : Un entretien avec Anne Chimchirian

Du Profil des intervenants et formateurs en Analyse des Pratiques

Dans ma formation à l’analyse des pratiques je vois arriver majoritairement des professionnels issus des secteurs médicosocial et sanitaire. Se sont principalement des assistantes sociales, éducateurs, infirmières, psychologues. Il est vrai que cette formation à l’Animation de séances d’Analyse des pratiques est ouverte au non psychologue. Cela n’est pas le cas de toutes les formations de ce type.

Ensuite je vois arriver aussi des professionnels de la pédagogie soit des formateurs adultes. Ceux-ci ne disposent pas de formation relative à la psychologie ou encore la santé. Certains disposent d’un cursus atypique et animent initialement des ateliers techniques. On peut les retrouver en CFA, GRETA

Par ailleurs, il s’agit en très grande majorité de personnes disposant d’une importante expérience de terrain. Les jeunes diplômés disposent plus rarement d’une capacité à se projeter sur une activité d’animation de groupes d’Analyse des Pratiques.

La Posture d’Animateur en Analyse des pratiques

Outre les profils des  stagiaires en formation à l’analyse des pratiques ma conviction est qu’il est avant tout nécessaire de disposer de la posture requise et d’allier son profil et ses compétences. Ce n’est pas toujours parce que l’on est psychologue que l’on est le mieux outillé. Ce qui peut être un atout dans certaines circonstances peut aussi mettre le groupe en résistance dans d’autres circonstances. Certains Directeurs conscients de ce phénomène sont amenés même à mentionner dans leur cahier des charges leur préférence pour un intervenant non psychologue.

Connaissance du secteur et légitimité

La connaissance spécifique des problématiques de terrain pour une intervention donnée est à double tranchant. Cette connaissance peut apporter des éléments de part la résonance de ces problématiques chez l’intervenant. Mais, elle peut aussi priver celui-ci d’une certaine « naïveté » permettant d‘aider le groupe à dépasser certaines de ses résistances.

La connaissance du secteur n’est donc pas ce qui octroie automatiquement la légitimité en vu d’intervenir.

Plus que la connaissance des problématiques ou du secteur, la clé me parait surtout consister à faire alliance avec le groupe de travail. En effet, certaines équipes vont apprécier le niveau de connaissance de l’intervenant quitte à le disqualifier s’il n’a jamais mis les pieds dans le type de service concerné. Mais, d’autres équipes vont prendre beaucoup de plaisir à initier l’intervenant dans la connaissance de leurs services.

Quelles compétences pour les intervenants

Les stagiaires et futurs animateurs en APP viennent chercher la plupart du temps dans une formation à l’Analyse des Pratiques une méthodologie d’intervention.

En général, lorsque qu’ils se sentent en mesure d’animer des séances d’analyse des pratiques ils disposent des outils. Cependant, ils ont encore besoin d’acquérir un cadre auquel se référer et une méthodologie d’intervention. Lors de la formation je vais les aider individuellement à construire leur méthodologie sur mesure. Il y a des choses à savoir et des écueils à éviter. Mais il est surtout important qu’ils soient libres dans leur style d’intervention et exploitent au maximum leur profil d’intervention afin de le rendre atypique. Dans tous les cas, une rencontre entre un intervenant et un groupe va forcement être atypique. Il y a autant de style d’APP qu’il y d’intervenants en APP. Il est donc indispensable de travailler cette particularité.

La gestion d’un processus d’APP de A à Z

formateurDès le début de ma formation à l’Analyse des Pratiques beaucoup de questions se posent pour les intervenants. Soit, le séquençage c’est dire comment commence un contrat d’APP, les étapes : qui rencontre t’on au départ, comment doit être composé un groupe (pluri ou non – cadres ou non…),  la fréquence, la durée… Il s’agit de questionnements concrets qui touchent à la forme mais également au fond. Les choix relatifs à la composition du groupe d’APP en sont un bel exemple.

Dans tous les cas, les futurs intervenants ont donc besoin d’apprendre à gérer le processus du début à la fin depuis « Comment l’on se rend visible », « comment l’on prospecte » jusqu’à « comment on clôture une intervention en Analyse des pratiques » en passant par la question des comptes rendu à la Direction au regard de la confidentialité.

La préparation d’une offre de service en Analyse des Pratiques

Une formation adaptée permet aux futurs intervenants de se structurer autour des outils dont ils disposent et de leur style d’intervention en fonction de leur sensibilité. Certains sont naturellement plus attentifs aux effets de groupe alors que d’autre vont l’être au cheminement du raisonnement de la personne qui expose une situation. D’autres s’attacheront plus à la dimension institutionnelle, son organisation au regard des APP… Il s’agit donc de les accompagner à se structurer autour de leur ligne de force afin qu’ils développent et intériorisation un cadre.

La solitude de l’intervenant

Le plus difficile lorsque l’on intervient en Animation de séance d’Analyse des pratiques c’est la solitude. C’est là un point commun aux stagiaires qui s’exprime à travers des remarques telles que :  «  J’ai peur d’être seul » « Je vais être seul avec un groupe pour trouver une solution » « Je vais devoir décider seul…. ». En tant qu’’intervenant en Analyse des pratiques il y a des choix à faire à chaque seconde. Dès lors il est très important de pouvoir des référer à un cadre interne structuré et structurant que nous aurons travaillé tout au long de la formation à l’Analyse des Pratiques.

L’une des craintes récurrente dans cette solitude est celle de se voir disqualifié de manière récurrente par un ou plusieurs membres du groupe d’APP. Lors de la formation à l’Analyse des Pratiques nous travaillons également en jeux de rôles ce type de situation. Les stagiaires apprennent à trouver des issues constructives à de nombreuses situations imprévues.

Des principaux écueils en Analyse des Pratiques Professionnelles

reflexionL’intervenant ayant suivi une formation à l’Analyse des pratiques se doit d’être vigilant dès la lecture du cahier des charges.  On constate, en effet, que les associations ou services émettent des cahiers des charges de qualité très diverses. Certains ressemblent au produit final et prennent en compte les besoins du terrain. D’autres souvent rédigés par des personnes loin du terrain nécessitent un travail afin de saisir ce que le commanditaire veut faire passer. Il est important aussi de valider qu’il s’agit bien d’une demande effective d’Analyse des pratiques et non d’un autre type de prestation.

Par ailleurs, compte tenu du fait que les séances d’Analyse des pratiques sont prises dans un système aux enjeux multiples celles-ci peuvent être instrumentalisées à tout moment. Les  glissements et les débordements sont fréquents et arrivent en rafales. Cela est normal car ces séances d’APP sont nouvelles et  » étrangères  » par rapport au système. Et ce dernier aura forcément une réaction. Dès lors l’intervenant ne doit pas se perdre face à ce que l’on va lui demander autour de l’APP. Il doit rester vigilant quant à la gestion du cadre et du processus et ce dès le cahier des charges.

Notons que la plupart des dérives à l’initiative des commanditaires viennent d’une  méconnaissance de ce qu’est un dispositif d’Analyse des Pratiques. Ceci est notamment le cas lorsque certains services RH rédigent des cahiers des charges sans s’appuyer sur les acteurs de terrain et des professionnels du dispositif. Quoi qu’il en soit il est vivement conseillé pour l’intervenant de rencontrer les acteurs de terrain : Chef de service, équipe…afin de comprendre ce que ceux-ci attendent précisément et concrètement des séances d’Analyse des Pratiques. A défaut de prendre en compte ces attentes certaines résistance vont se jouer et se rejouer à chaque séance. Cela est fondamental. Et, quand la rencontre avec l’équipe n’est pas possible avant la mise en place des séances, il est préférable d’adopter une posture visant à ce que la première séance face l’objet de ce temps de compréhension et de validation.

Dans cette configuration mieux vaut pour le commanditaire comme pour l’intervenant de ne pas contractualiser avant la rencontre avec l’équipe. L’intervenant sera alors en possession de l’essentiel des éléments pour se positionner au mieux dans l’intervention à venir.

L’avenir de formation en Analyse des Pratiques

Il est probable que l’on se conduise doucement, dans les années qui viennent, vers un plus grand encadrement de la formation à l’Analyse des Pratiques et aux interventions d’APP. Peut être aura-t-on, à moment donné, une labellisation particulière disant qui peut ou pas exercer.

Toujours est-il que pour l’instant nous disposons d’une certaine liberté au service de la richesse des différences que ne permettrait pas une uniformisation des profils et de l’exercice.Anne Chimchirian

Mon expérience est riche d’exemples de professionnels issus de parcours incroyablement différents, présentant tous des ressources, des lignes de forces et des sensibilités diverses. Le challenge est de les accompagner à unifier leurs expériences et leurs outils déjà acquis pour les mettre au service de leur style et de leur posture d’intervenant.

En savoir plus sur Anne CHIMCHIRIAN
Intervenante et Formatrice d’intervenants en Analyse des Pratiques Professionnelles

Des outils innovants pour les groupes d’analyse de la pratique professionnelle

L’animation des groupes d’analyse de la pratique professionnelle est plus ou moins « codifiée », tant au niveau du profil des intervenants que de la structure de la séance. En effet, nombreuses encore sont les structures qui recherchent et privilégient plutôt un profil psychologue. Concernant l’animation de la séance, je me suis beaucoup interrogée sur le côté figé des séances. Pourquoi les séances ne seraient-elles pas aussi l’objet d’animations atypiques ?

Une interrogation sur les séances d’APP dépassée :

J’anime des groupes d’analyse de la pratique professionnelle depuis plusieurs années maintenant. J’ai été formée à l’animation de ces groupes. J’en a gardé une architecture, et du coup une certaine rigueur dans l’organisation de la séance.

A plusieurs reprises comme nombre d’animateurs de GAPP, j’ai été confrontée à des difficultés : l’absence de situations, ou la difficulté de la mettre en mots.

Je me suis bien évidemment interrogée sur ma propre pratique et sur ce que je pouvais induire au sein des groupes. Mais j’ai aussi cherché à trouver des outils pour faciliter cette prise de parole.

Aujourd’hui j’ai passé le cap de l’interrogation, et je m’autorise régulièrement en fonction du besoin, du groupe, de la question, bref de l’ensemble du contexte à utiliser un outil qui sort du contexte de l’analyse de la pratique professionnelle.

Exemples d’outils en séance d’analyse des pratiques :

Dans un groupe de professionnels de la petite enfance (dans un relais parental) : j’utilise régulièrement un jeu de carte. En effet, ce groupe avait du mal à prendre la parole. J’ai alors utilisé un jeu de cartes pour le permettre de prendre la parole à tour de rôle. Après plusieurs séances, où les participants réclamaient ce jeu de carte, la prise de parole s’est réellement libérée, et ce jeu n’est plus d’actualité. Aujourd’hui le groupe fonctionne avec des situations cliniques qui les mettent en difficulté, et n’ont plus le besoin d’utiliser cet outil.

Dans un autre groupe accueil de jour personnes âgées : j’utilise le théâtre. Dans ce groupe, j’ai institué une fois par trimestre la venue d’un comédien qui théâtralise les situations. Cela fait un bien fou à l’équipe de sortir des sentiers battus de l’analyse des pratiques conventionnelle. Au-delà de l’impact avéré de la mise en scène sur la perception des professionnels quant à leur mode d’intervention, il y a une forme de plaisir à jouer des rôles. Les peurs de jouer devant les autres ont été vite dépassées. Ces jeux permettent aux équipes de dédramatiser les situations, et de prendre conscience autrement de postures professionnelles qui peuvent impacter le comportement des aînés.

Dans d’autres groupes je vais utiliser ponctuellement des outils comme des exercices de respiration, ou des exercices de travail de la posture, de l’ancrage.

Bref, aujourd’hui lors des séances d’analyse des pratiques, je ne m’interdis plus de mettre en place un outil nouveau. Bien sûr cela va quelques fois perturber le groupe, mais cela va aussi très souvent lui permettre de faire un pas de côté nécessaire à la réflexion, et l’analyse.

Aucune obligation pour les membres du GAPP : 

Je suis bien entendu vigilante à ce que le groupe soit réceptif. Il n’est pas envisageable de forcer un groupe à utiliser un outil avec lequel il ne se sentirait pas à l’aise, voire serait en opposition. Il y a des groupes où je n’utilise aucun outil car l’opportunité d’utiliser un outil ne s’est pas fait ressentir.

Ce que je remarque maintenant c’est que cette liberté dans l’utilisation d’outils divers et variés, et ainsi l’animation des GAPP, me permet de d’accompagner au mieux les équipes et de créer de véritables liens de confiance notamment grâce à l’humour et la dérision au travers de ces jeux.

Ces outils font partie intégrante de ma façon d’animer, je ressens une réelle liberté et j’en fais profiter les groupes que j’accompagne.

En savoir plus sur Belinda INFRAY
Professionnel de l’Analyse des Pratiques Basée en Occitanie
intervenant également sur la région île de France

Analyse des pratiques, supervision, quelle prise en charge au titre de la formation ?

UNIFAF prendra en charge des dispositifs d’analyse des pratiques, ou de supervision au titre du financement de la formation. L’accord de branche de l’OPCA daté du 7 mai 2015 y fait référence au chapitre du financement, article 13 – investissement global formation des employeurs de la Branche. Peuvent être pris en charge à hauteur de 0,65% des dispositifs d’analyse des pratiques professionnelles et ceux de la supervision professionnelle. A ce jour, même si toutes les modalités ne sont pas connues, certains établissements ont déjà inscrits des sessions dans le PAUF pour l’année 2016.

Dans son préambule, l’accord de branche d’UNIFAF rappelle le contexte :

« Les réformes issues notamment des lois du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, du 5 mars 2007 relative à la protection de l’enfance, du 21 juillet 2009 relative à l’hôpital, aux patients, à la santé et aux territoires ont été suivies, ces dernières années, de la mise en œuvre de plans de santé publique, tel que les plans «Autisme », «Alzheimer et maladies apparentées », «Cancer », «Développement des Soins Palliatifs », «Santé au Travail ».

Ces dispositifs placent la personne accompagnée et/ou soignée au centre des projets des établissements et services, avec en corollaire la nécessité d’assurer le développement et l’adaptation des connaissances et des compétences dans l’emploi et/ou vers de nouveaux emplois, en tenant compte à la fois de l’évolution des structures, des besoins des personnes ainsi que des nouveaux modes d’intervention auprès de ces dernières ».

La recours croissant à des dispositifs d’analyse des pratiques ou de supervision procède de facteurs tels que la prise en charge des patients ou des usagers, et des pathologies qui peuvent s’avérer lourdes, du geste ou de l’action technique qui se situe dans une relation, du prima d’une pratique élaborée, pensée en groupe et individuellement sur la répétition infinie de gestes et de comportements quotidiens, de la reconnaissance d’une subjectivité du Travail, alors que ces dernières années protocoles, procédures et modes opératoires ont insisté du côté de l’objectivation des tâches.

La prise en charge financière de dispositifs d’analyse des pratiques et de supervision

Elle peut apparaître une « bonne nouvelle », en soutien d’un investissement consenti par les institutions et leurs équipes. Pourtant, des questions sont posées. Elles concernent le cadre administratif et les pratiques habituelles de la formation.

On peut observer des premiers appels d’offres portant sur des dispositifs d’analyse des pratiques conçus comme des programmes de formation.

Ces appels d’offre portent sans ambiguïté sur de l’analyse des pratiques, à l’échelle de plusieurs groupes dans une même institution.

La formation se caractérise par une administration des obligations légales et une technologie du savoir corrélé au résultat observable.

L’administration des obligations légales, même si elle génère des formalités pour les employeurs et formateurs, ne nous semble pas la dimension la plus questionnante. Dans le cadre d’un dispositif d’AP financé au titre de la formation, il faudrait probablement produire les documents que nous connaissons aujourd’hui pour la formation : un programme, une convention, des listes et attestations de présence, de l’évaluation individuelle écrite ou électronique.

La technologie du savoir et le contrôle du résultat observable posent question.

  • La technologie du savoir a été construite historiquement par une double représentation : celle de l’acquisition de savoir comme résolvant les nombreuses incertitudes des exigences de l’emploi et des contraintes des organisations. Au savoir est corrélée ce que j’appelle la technologie, c’est-à-dire une réponse technique à un problème. Avec le renforcement des mécanismes défensifs des organisations et des acteurs dans des périodes de crise et d’enjeux contradictoires, les réponses sont séquentielles, partielles, réactionnelles c’est-à-dire à effet immédiat, car la représentation commune dominante est que « pour tout problème, il y a une solution ». On peut y entendre une demande d’apaisement de l’angoisse ou de l’inhibition.
  • Le contrôle du résultat observable s’inscrit dans l’utilité vérifiable d’une formation. L’utilité est corrélée à l’efficacité mesurable. L’acte inaugural du contrôle vient de la responsabilité de l’Etat à contrôler la conformité de l’activité de formation, marché qui a historiquement attiré de nombreux opérateurs, dont certains ont pu masquer de la pratique sectaire ou fonctionner comme des coquilles vides sur le plan de la pédagogie et de l’ingénierie de la formation. L’État a généré un système technico-administratif lourd destiné à objectiver des résultats techniques transportés par des individus. Autant dire, complexes à évaluer. Ajoutons que la tendance consumériste de « satisfaction » du client : le stagiaire, et au final l’entreprise qui commande de la formation, ouvre la dés-implication du stagiaire. Plus d’un formateur, quels que soient ses talents et son expérience, dans l’intimité d’une discussion, témoignera de cette double contrainte : produire du contenu infini pour des individus en demande, qui peuvent à tout moment considérer que le résultat de leur formation ne dépend pas d’eux, de leur implication, de ce qu’ils apportent comme matériau, l’expérience qu’ils mettent au service du groupe et de leurs enjeux, et par voie de conséquence transférer sur le formateur leur insatisfaction, leur impatience, leurs limites.

Pourquoi évoquer cette réalité, alors que notre propos vise l’analyse des pratiques et la supervision ?

La question tient en un enjeu : l’analyse des pratiques et la supervision vont à l’inverse de ce que je viens de décrire. Là où le savoir légitime le recours à de la formation, l’expérience d’un dispositif d’analyse des pratiques ne se résout pas à du savoir technologique. Qui plus est, dans les métiers du soin, de l’intégration sociale, du handicap, les questions institutionnelles, de l’exercice des métiers et de la responsabilité des acteurs sont complexes, souvent intriquées. Aussi le but d’un dispositif d’analyse des pratiques ou une supervision vise à débrouiller cet écheveau et à remettre des dynamiques, de l’énergie, de la contenance.

Par conséquent, le financement de l’analyse des pratiques et de la supervision au titre de la formation pose la question de la façon dont les acteurs vont respecter le cadre ou faire rentrer les spécificités de ces dispositifs dans les contraintes et réalités que nous venons de décrire. C’est de notre point de vue, un enjeu important, voire même fondamental. Quelle place donnera-t-on aux processus subjectifs, ou au contraire, voudra-t-on normaliser et contrôler ce qui aujourd’hui, procède de la confiance mutuelle et de la liberté des acteurs. Lorsqu’une direction et des équipes s’accordent à déposer des paroles, des vérités singulières, du lien à l’usager ou au patient avec ses ambivalences, du lien groupal, de l’appartenance culturelle et sociale à des métiers, du désir d’exercer des métiers où l’Autre prend place, sans qu’un discours extérieur aux acteurs viennent leur expliquer ce qu’il faut en comprendre, en penser, et par quoi l’agir résoudrait tout ou quasiment. Un agir que, comme psychanalyste, je nomme « agir névrotique ». C’est-à-dire que « la solution » agit comme apaisement immédiat de la tension, avec le comportement réactionnel qu’il suscite. A contrario, les enjeux analysés et discutés dans une analyse des pratiques visent une résolution, par l’émergence de causes, d’un contexte et des subjectivités à l’oeuvre dans la fonction exercée. Dans l’analyse des pratiques, la question du désir n’est jamais loin, ce par quoi « la partition du rôle ou de la fonction » est jouée avec interprétation, précisément la pratique, celle qui engage ce qui se passe plutôt que ce qui devrait normalement se passer.

Un article de Marc LASSEAUX – contact@bymarclasseaux.com

Analyse des pratiques professionnelles : quel choix d’équipe ?

EDITO

Nous inaugurons ici une nouvelle rubrique ou nous donnons la parole aux responsables de structures et services: Coordinateurs, Cadres, Chefs de services, Directeurs

Marc LASSEAUX Intervenant en Analyse des pratiques professionnelles et éditeur de la Lettre Psy & Co  les interviewe individuellement sur les problématiques qu’ils rencontrent dans l’élaboration, la mise en place ou la réalisation de séances d’Analyse des pratiques ou de supervision au sein de leurs équipes.

Vous souhaitez vous exprimer contactez directement Marc LASSEAUX

 De l’analyse des pratiques dans un FAM

 Dans linterview qui suit, le directeur-adjoint dune structure médico-sociale présente lexpérience dun dispositif danalyse des pratiques conduit dans son institution.

AP – Présentez-nous votre structure.

DA – Il sagit dun foyer daccueil médicalisé. Il fonctionne depuis près de vingt années. Sa vocation est daccueillir des personnes cérébrolésées, et de leur proposer un hébergement et un accompagnement médical et social en lien à leurs besoins et projets de vie. L’équipe qui accompagne au quotidien les personnes cérébrolésées est composée dans sa grande majorité par des professionnels AMP et AS, accompagnés pour la partie sociale par des coordinatrices sociales et pour le soin par une équipe médicale et para médicale et un psycholoque.

AP – Quelles sont les pathologies prises en charge ?

DA – Les personnes cérébro-lésés présentent différentes pathologies , dordre physique, psychique et neurologique entrainant des dés-inhibitions des perte de mémoire, mais aussi des psycho-pathologies en rapport avec leur histoire personnelle. Dune manière générale, quelles que soient les pathologies, les difficultés majeures rencontrées par les professionnels sont celles d’établir et de maintenir un cadre de vie sociale stable pour les personnes. Or, dans le cas notamment des troubles de la mémoire, cest chaque jour quil faut repositionner le cadre avec la personne, à ceci sajoutant parfois des difficultés à intégrer les interdits et un cadre collectif en raison de leur histoire de vie. Cest à cette fluctuation des limites au repositionnement répété du cadre de vie que les professionnels doivent sajuster dans le respect de la personne et au regard de sa pathologie. Cette réalité professionnelle difficile et déstabilisante, peut entrainer les professionnels dans limpuissance et dans la confrontation à leur propre souplesse, leur propre capacité à vivre le changement.

AP – Dans quel contexte avez-vous initié un dispositif danalyse des pratiques ?

DA – Le besoin danalyse des pratiques a été identifié et conduit il y a une dizaine dannées. Notre approche de l’époque privilégiait une participation de l’équipe pluridisciplinaire. Nous avons connu trois dispositifs successifs. Aucun dentre-deux na été pleinement satisfaisant, chaque cycle et chaque choix engageant du manque, au regard du vécu précédemment décrit, sans toutefois nier le bénéfice du côté fédérateur d’être dans ce travail en équipe pluridisciplinaire.

AP – Quels choix aviez-vous fait ?

DA – Notre institution avait fait un choix initial : celui de faire participer toute l’équipe pluridisciplinaire à ce travail danalyse de pratique. Cest un choix que nous avons maintenu, dun superviseur à lautre. Le premier superviseur était psychanalyste. Sa position éthique, de laisser au groupe linitiative des demandes, a suscité de linsatisfaction. Les deux praticiens qui ont suivi, quelles que soient leurs qualités et leur référentiel respectif, ont buté sur la question de lanalyse des pratiques. Or, nous pensions quun dispositif danalyse des pratiques se devait de traiter des pratiques professionnelles. Des superviseurs, nous attendions une position dissociée, cest-à-dire nous permettent un regard distancié par rapport à nos pratiques et un partage de points de vue par rapport à laccompagnement des personnes cérébrolésées en lien avec leur besoin.

AP – Cela ne sest pas produit ?

DA – Il y a eu des acquis. Mais ce travail na pas apporté lattendu: « travailler sa pratique » et sest répété dans chaque temps de travail danalyse des pratiques.

AP – Quelle est votre analyse aujourdhui ?

DA – Différentes causes sont à lœuvre. Chaque professionnel na pas le même référentiel à penser sa pratique et le rapport au savoir est différent en fonction des métiers. De ce fait, le rapport au savoir, à penser, à réfléchir par ces différences à générer des blocages. Nous lavons observé dans un des dispositifs précédé dune formation théorique au référentiel du superviseur. Ce référentiel est demeuré « une langue étrangère » pour certains professionnels. Ce retour d’’expérience mamène à considérer quun dispositif danalyse de pratique pour être satisfaisant doit sadresser à un métier en particulier qui partage la même pratique. Lobjet de ce travail devient alors un partage sur une pratique partagée, ses difficultés, ressources, un lieu d’échanges pour élaborer des façons d’être et de faire différemment au bénéfice de laccompagnement des personnes cérébrolésées. Faute de quoi, ce que nous avons pu observer avec la présence de l’équipe pluridisciplinaire, ce dispositif danalyse des pratiques se transforme en un lieu de régulation, et va traiter de la dynamique institutionnelle, des rapports entre les professionnels, bien plus que de la pratique à proprement parler.

AP – Vos réflexions conduisent à vous interroger dautre part sur la phase de préparation dun tel dispositif.

DA – La spécificité de chaque métier(s), les spécificités dun groupe de son histoire et de son parcours, son identité professionnelle, sont autant de facteurs à prendre en compte dans le choix du superviseur et de sa pratique. Dautre part un dispositif danalyse des pratiques s’élabore entre le commanditaire (en loccurrence la direction qui portent les besoins de l’équipe) et le superviseur. Cest un temps de travail où la demande doit être clarifiée. Cette étape est un enjeu majeur qui conditionnera la justesse du travail proposé à l’équipe au regard des besoins. Notre expérience me fait dire que ce stade initial est déterminant pour cerner les enjeux institutionnels et proposer une réponse la plus ajustée possible aux besoins identifiés (qui demande quoi, à qui, pourquoi faire, pourquoi maintenant.).

 Propos recueillis par Marc Lasseaux 

 

Pour une éthique de la modestie

Analyser ses pratiques professionnelles

 Je suis intervenant en analyse des pratiques professionnelles, j’interviens également comme formateur auprès de travailleurs sociaux. En 2010, j’étais encore salarié et travaillais comme éducateur dans un internat éducatif (Maison d’Enfants à Caractère Social- MECS) sous tutelle du Conseil Général de la Haute Savoie (Aide Sociale à l’Enfance). Ce texte fut à l’origine un billet d’humeur, en réaction instituante à un institué se voulant imaginairement tout puissant, et où la parole vraie est confisquée.

Ecrire

Il est parfois difficile d’oser prendre la plume, et pire, franchir le pas, c’est presque provoquer la levée d’un inter-dit occulte, implicite, refoulé, celui de communiquer ses écrits à ses pairs, ceux avec qui l’on partage le quotidien du travail dit social, lorsque l’on est inséré au sein d’une profession où l’essentiel passe par le verbe, et où l’on s’interdit généralement d’écrire. Ecrire, c’est suspect pour un éducateur censé être dans l’agir, hormis quelques rapports dits de situation, il est rare qu’on lui demande d’écrire, et du coup, il n’écrit plus.

Ecrire serait réservé aux Maîtres, aux décideurs, aux financeurs… alors, comment fonder une clinique éducative, si les acteurs de cet acte éducatif ne transmettent pas leur savoir, par l’écriture de l’expérience ?

Or, l’écriture autorise un changement de posture salvateur. Il est le passage de « travailler dans le social » à « travailler sur le social », ce qui revient à s’en distancier, à réfléchir, à en analyser autant que possible la nature, les pratiques, la puissance et les limites. Ainsi, ces quelques éléments de réflexion destinés à ceux qui pourraient se sentir concernés, à ceux pour qui tout ne va pas de soi, au-delà des tautologies…

Diagnostic

Tout chercheur en sciences sociales et humaines, tout praticien et/ou tout thérapeute du champ social se trouve affecté – et qu’il le veuille ou non – d’un coefficient de déformation inconsciente, d’origine psychosociologique, lequel dépend du milieu dans lequel il a vécu, de son éducation, de ses croyances, mais également de son hérédité, de sa personnalité, et de son histoire de vie. C’est ce qu’il est convenu d’appeler l’équation personnelle du chercheur, celle-ci est généralement en œuvre dans toutes les sciences sociales, et cela constitue un biais, source d’erreurs, au moment où le thérapeute et/ou le chercheur-acteur voudrait analyser objectivement une situation, voire établir un diagnostic rigoureux. Les sciences humaines telles que la psychologie, la sociologie, ou encore, la psychanalyse, ont toujours attiré ceux que préoccupait le destin de l’homme, c’est-à-dire les valeurs, d’où leur difficulté à se détacher d’une tendance souvent moralisante, voire idéologique. De ce fait, un praticien sérieux et honnête devrait se départir de ses préjugés, ou à minima en prendre conscience. Il ne saurait être le grand prêtre d’une nouvelle religion, ni le directeur de conscience [tel un surmoi collectif] de toute une institution au travail, il y aurait là une grave dérive.

Un diagnostic sérieux avec une visée un tant soit peu scientifique doit être fondé sur des observations et une écoute aboutissant à une hypothèse, laquelle doit être confirmée ou infirmée par des faits observables, par la confrontation parfois étrange à l’autre du symptôme, l’énigmatique et problématique sujet humain.

Une posture de modestie

Nous recommandons l’humilité de la modestie, posture à mi-chemin entre l’illusion [dogmatique] de la maîtrise et la culture du doute. Notre objet, c’est l’humain, acteur-sujet de son histoire, c’est à dire la complexité (E. Morin). Nous sommes au cœur de la problématique abandonnique, et il serait imprudent d’enfermer le « petit d’homme » dans des cases ou des petites boites trop étroites. A l’articulation des registres neurobiologiques, psychologiques et sociologiques, se trouve le trou noir de nos connaissances inachevées, et aucune méthodologie actuelle, aucun paradigme, aucun concept n’autorisent à la compréhension totale d’un enfant (et imaginairement toute puissante) avec une fiabilité absolue. La modestie conseillerait une approche transdisciplinaire indispensable pour accéder à la problématique personnelle d’un enfant ou d’un jeune dans sa globalité humaine, c’est-à-dire un regard pluriel non totalisant, un regard empathique qui n’enferme pas dans les déterminismes. Sauf dans les sciences formelles (mathématiques, physique, logique…), il n’existe pas de critère fini qui permettrait de valider à coup sûr la vérité univoque d’une hypothèse.

Rupture avec le sens commun

En outre, un diagnostic se fonde sur des observations plurielles, sur une écoute active et approfondie du sujet, d’où l’obligation de se départir de ses idées reçues, des clichés, des opinions du sens commun, ce qu’il est convenu de nommer rupture épistémologique ; ainsi, une hypothèse en sciences humaines est une proposition provisoire à une question que l’on se pose, et qui tend à formuler une relation entre des faits significatifs, des signifiants, des attitudes, convergence d’indices. Une fois ces faits regroupés, il est possible avec modestie de les interpréter, de leur donner sens. L’hypothèse, une fois enfin vérifiée, constituera l’ébauche possible d’une construction théorique [la problématique], voire d’un diagnostic. Pour se faire, encore faut-il que le praticien ne soit pas débordé par ses émotions, ses propres affects, son refoulement, ses peurs, et son idéologie, afin de respecter une déontologie élémentaire, celle qui respecte le sujet. L’enfant et/ou le jeune doit être accueilli dans son étrangeté légitime, dans sa singularité, dans sa globalité qui constitue sa personne propre. L’enfant et/ou le jeune est le produit de son histoire, son identité s’est forgée à partir des évènements qu’il a pu vivre et qui constituent sa biographie, et de ce fait, il est un être socio-historique. Il est acteur de son histoire, donc porteur d’historicité, c’est-à-dire la capacité à intervenir sur sa propre histoire et à la comprendre ; cela le positionne comme sujet dans le mouvement dialectique entre ce qu’il fut, ce qu’il est, et ce qu’il va devenir. L’enfant et/ou le jeune est aussi producteur d’histoire : Par les activités mnésiques et sa parole, il peut reconstruire son passé, et à minima en maîtriser le sens. Il est le sujet de son histoire et non l’objet de manipulateurs [aux visées souvent « généreuses »] s’autoproclamant savants détenteurs du savoir, professionnels techniciens infaillibles et tous puissants, ceux qui croient ainsi être les propriétaires d’une vérité univoque… une vérité érigée en dogme.

Cette réflexion renvoie à la notion de respect, valeur dominante de l’éducation : A bien y regarder, le respect est une chose toute simple, il ne s’agit que de la prise en compte de l’altérité, c’est-à-dire la reconnaissance de l’homme par l’homme. Oui, il faut respecter l’enfant, et cela implique d’éviter tout discours normatif, conformiste, et totalisant, discours de « celui qui sait » à la place du sujet là où est son bien….
Serge DIDELET
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L’analyse des pratiques professionnelles

En favorisant la réflexion sur le positionnement professionnel, l’analyse des pratiques constitue un bon outil d’accompagnement des équipes. À condition de fixer un cadre clair au préalable.

Les cadres peuvent être invités à certaines séances, avec l’accord du groupe.

Elle est souvent confondue avec la régulation d’équipe ou la supervision. L’analyse des pratiques professionnelles (APP), plutôt développée dans le secteur de l’enfance, se déploie désormais dans tous les champs du social et médicosocial. « Centrée sur l’usager et son accompagnement, cette démarche consiste à étudier des situations de travail, la place des professionnels en interaction avec les autres », insiste Katia Honoré, responsable des dispositifs d’APP du service formation permanente de l’institut régional du travail social (IRTS) de Basse-Normandie.

À noter. L’axe de la résonance personnelle du travail accompli et de la relation relève de la supervision, tandis que la régulation traite des relations entre les membres de la structure.

Quels intervenants ?

Première difficulté : trouver l’animateur qui convient. Une bonne technique consiste à interroger les membres de son réseau pour disposer d’un retour d’expériences. «Il ne faut pas hésiter à questionner plusieurs intervenants, à les sonder sur leur formation, à se renseigner sur leurs pratiques et sur la façon dont ils entendent conduire le dispositif », insiste Manuel Aguila, ex-directeur d’établissements devenu formateur, à la tête du réseau spécialisé A-FCC. Le recours à un tel service ou à un organisme de formation permet d’accéder à un panel d’accompagnants aux profils variés, déjà présélectionnés. Il convient aussi de s’assurer que les personnels sont prêts. « On peut difficilement se pencher sur la relation à l’usager dans une équipe qui va mal », résume Manuel Aguila. Le cas échéant, l’intervenant peut proposer au préalable quelques séances de supervision, voire suggérer d’autres dispositifs : accompagnement au changement, groupe spécifique pour les cadres…

Des objectifs tangibles

Au-delà des objectifs généraux – enrichir la pratique, renforcer les compétences, faire émerger un questionnement…–, la direction doit aussi fixer des objectifs tangibles propres à la structure, qui fourniront autant de critères d’évaluation du dispositif. Et qui peuvent être définis en concertation avec l’équipe. Exemple dans un foyer de l’enfance : permettre aux personnels éducatifs, qui « parentalisent » les usagers, de prendre de la distance. Outils de mesure : le nombre d’entretiens avec les familles, leur intégration au suivi… Une fois les principes posés, il importe de contractualiser le cadre du dispositif : le lieu des séances (dans ou hors de l’établissement), leur fréquence et leur durée (généralement, dix séances de deux heures par mois), l’obligation ou non de participer, la confidentialité des échanges… La composition du groupe doit donner lieu à réflexion, en particulier la présence des cadres. Généralement absents, ils peuvent être invités à certaines séances, et avec l’accord du groupe. L’APP étant un dispositif mouvant, le contrat peut enfin prévoir une clause de résiliation.

Temps de restitution

Et la direction ? Sans remettre en cause la confidentialité du travail, il faut prévoir des temps de restitution. « Il s’agit de rendre explicites la dynamique du groupe, la progression par rapport aux objectifs, mais aussi les thématiques qui ont émergé, les besoins de formation ou la nécessité de prolonge la démarche », explique Katia Honoré. Qui prévient : « Dix séances, ce n’est souvent qu’une amorce. » Côté budget, les tarifs se rapprochent de ceux de la formation professionnelle : pas moins de 150 euros de l’heure, plus le remboursement des frais. Au total, prévoir autour de 5 000 euros par an.

Point de vue

Thierry Haudrechy, directeur d’un centre éducatif et d’insertion professionnelle, à Rosières (Aube)

« Quand j’ai pris la direction de la structure, il existait déjà un dispositif d’analyse des pratiques. Mais il était facultatif et réservé aux éducateurs d’internat. Conséquence ? Les équipes avançaient dans la relation aux usagers à des rythmes décousus. J’ai donc demandé à l’intervenante (une psychiatre) d’animer une réunion thématique mensuelle, obligatoire, pour le personnel d’internat, et une pour les éducateurs techniques. Dans ce type d’établissement, il y a beaucoup de violence. En favorisant la parole, l’analyse des pratiques permet de prendre du recul. Aujourd’hui, les professionnels du service éducatif souhaitent changer d’animateur pour renouveler la dynamique, mais le groupe fonctionne. Du côté des éducateurs techniques, je perçois une petite résistance par rapport au travail relationnel. Mais il faut laisser le temps au dispositif de se mettre en place. »

Flavie Dufour www.directions.fr Le mensuel des directeurs du secteur sanitaire et social – n° 94 mars 2012 direction logo

 

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