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Un vrai pas de côté grâce à l’analyse des pratiques

Situation au sein d’un GAPP

Un exposé simple :

Lors de l’une des dernières séances que j’ai animée, nous avons travaillé sur une situation au titre évocateur : « AVS incompétent ».

Il s’agit d’un SESSAD qui intervient dans les l’accompagnement d’enfants autistes.

Le professionnel qui a exposé cette situation est éducateur spécialisé. Il expose la situation d’un enfant dont les capacités de travail sont importantes et qui pourraient bénéficier d’une stimulation plus souple, plus pertinente.

Tout d’abord reprenons les faits tels qu’ils sont exposés : cet enfant bénéficie d’un accompagnement d’un AVS sur le temps scolaire, et d’un accompagnement du SESSAD. Il est en classe ULIS, et bénéficie d’une inclusion en accompagnement scolaire.

La difficulté rencontrée par l’éducateur du SESSAD : des consignes sont transmises pour l’accompagnement de l’enfant, mais celles-ci ne sont pas suivies par l’AVS. Ainsi l’enfant n’effectue pas les tâches seuls, mais toujours sous le regard et l’accompagnement « oppressant » de l’AVS.

La volonté de l’éducateur est de permettre à cet enfant de s’épanouir. Il est convaincu que cet enfant a les capacités pour réussir un grand nombre d’exercices seul. Mais ce n’est pas le cas car cet AVS ne respecte pas les consignes.

En conséquence la question que se pose le professionnel : comment faire pour que cet AVS écoute les consignes et permette à cet enfant de s’épanouir ?

Un arbre qui cache la forêt

Le débat et les questionnements s’installent au cours de la séance. Puis au fur et à mesure du déroulé de cette histoire, nous découvrons que d’autres acteurs entrent en ligne de compte.

Contrairement à ce qui est exposé dans un premier temps la situation s’avère bien différente. L’enseignante de la classe ULIS est un acteur majeur dans cette situation.

 Cette dernière joue un rôle fondamental dans l’histoire, alors que l’éducateur n’avait pas évoqué sa présence.

En poursuivant les questionnements les échanges se décalent. Il fut nécessaire d’aider les professionnels présents dans la salle à faire un pas de côté. Leur « jugement » quelque peu rapide de l’AVS n’était que la face cachée d’une enseignante spécialisée maltraitante dont il ne souhaitait probablement pas évoquer les faits.

En effet, cette enseignante pourtant enseignante en classe ULIS, tient des propos humiliants envers les enfants, et également envers les AVS. Elle a tenue des propos dégradants, vexatoires tant envers les enfants qu’envers les AVS. Les exemples présentés par l’éducateur sont nombreux et ne prêtent pas à confusion. Après cette « libération » de la parole, différents membres de l’équipe prennent la parole et exposent des faits similaires concernant l’enseignante, son comportement et ses propos.

L’accompagnement que j’ai mené pour cette situation a été de faire prendre conscience à l’équipe que le comportement de l’AVS n’était probablement qu’une réponse à ces méthodes et qu’il souhaitait simplement se protéger de cette enseignante.

En effet, dans les exemples cités, les AVS étaient également la cible des propos de cette enseignante.

Finalement, l’ensemble de l’équipe a entendu que l’AVS ne pouvait pas fonctionner autrement car il s’exposait systématiquement à des actes et discours vexatoires de la part de l’enseignante s’il ne répondait pas aux exigences de l’enseignante. L’AVS était inquiet pour son avenir en terme de poste.

Comment sortir de ce nœud inextricable :

Une fois accepté par tous l’idée que l’AVS n’était peut-être pas incompétent, l’idée a été de comprendre comment accompagner l’enfant, et l’AVS sans mettre en danger l’AVS auprès de l’enseignante. Schéma s’il en est délicat, et insécure.

Présenter la situation n’a pas permis de résoudre la difficulté bien évidemment. Toutefois, cela a permis de mettre en avant que de nombreux professionnels de l’équipe partageaient cette analyse. Ils avaient tous constaté des faits maltraitants.

L’idée a été de les accompagner dans ce partage de l’information, et dans la réassurance par rapport leur collectif.

Au-delà de toute procédure qui ne m’appartient pas, mon objectif a été de leur permettre de s’entendre sur le fait que cette situation n’est ni acceptable, ni tolérable, et répréhensible par la loi.

Il appartiendra ensuite à l’équipe de mettre en œuvre toute démarche qui permettra de dénoncer cette situation et ainsi de protéger les enfants.

In-fine mon rôle d’animateur de GAPP a été de leur faire faire un pas de côté et ainsi de comprendre tous les enjeux de cette situation, et comment ce qu’ils « voyaient », ce qu’ils pensaient, était le résultat d’un évitement de leur part pour ne pas voir ce qui était très douloureux : une enseignante maltraitante, et une incapacité de chacun de dénoncer cette situation.

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