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Methodologie et Techniques en Analyse des Pratiques

QUELLES TECHNIQUES EMPLOYEZ-VOUS EN APP?

Lorsque qu’il m’est demandé d’intervenir en analyse de pratique, la question des techniques que j’emploie m’est très souvent demandée. La psychologue clinicienne dans le cadre de régulation des relations, de médiation, d’analyse de pratique, s’aide (entre autres) de l’approche systémique afin de comprendre l’effet d’une communication défaillante sur le comportement, et comment ce « dit comportement » va entraîner des réactions en chaîne.

Comment communiquer sur nos techniques ? Je propose d’y répondre à l’aide de P.WATZLAWICK et de son livre qui traite d’une logique de la communication. Il fait référence à Palo ALTO qui dit que: « La communication est une condition sine qua non de la vie humaine et de l’ordre social. Il est non moins évident que l’être humain se trouve dès sa naissance engagé dans le processus complexe de l’acquisition des règles de la communication, mais qu’il n’a que très faiblement conscience de ce qui constitue le corps des règles, ou ce calcul de la communication humaine ».

Ainsi, nous sommes continuellement en train de communiquer mais pourtant, nous sommes totalement incapables de communiquer sur la communication. C’est la difficulté qui sous-tend toutes les relations humaines, a fortiori lorsque ces dernières sont en crise. Et c’est à ce moment là, généralement, que nous intervenons en régulation des relations, ou médiation. Il s’avère parfois en effet difficile de commencer d’emblée par une analyse de pratique tant les relations entre les membres d’un groupe de travail sont rendues difficiles et entravent le processus de l’analyse de pratique. Je propose alors un temps préalable de travail et de réflexion sur ce qui pose problème.

Pour vous aider à vous familiariser avec mes « outils », je me propose dans un premier temps de nous attaquer à quelques notions de base de ce qui constitue la communication. Bien entendu, le livre cité ci après ne peut que vous en livrer davantage et je souhaite que cette introduction vous donne envie de le lire. Nous aborderons ensuite quelques difficultés liées à la vie au travail. Pour finir, nous terminerons par le diagnostic ainsi que l’action de la psychologue.

Introduction à la Systèmie pour « Une logique de la communication ».

Il est important dans un premier temps de nous situer en partant de quelques postulats.

La communication est un processus d’interaction. L’interaction est vue comme un système de communication. Certaines règles le régissent et sont rompues dans le cas d’une communication perturbée.

    1. a-Le discours, le comportement sont communication.
    1. b-Il existe une interdépendance de l’individu et de son milieu.

En analyse systémique, l’étude de la communication est essentielle. Nous allons continuer en énonçant quelques propriétés de la communication en analyse systémique, et ce, en nous appuyant sur des exemples de difficultés inhérentes à la vie en groupe au travail.

Quelques propriétés de la communication en analyse systémique.

Cause et effet. Dans le milieu du travail, certains comportements ont une cause mystérieuse et peuvent avoir de profonds retentissements car ils influencent l’entourage. Quand on ne peut interroger la cause (la psychanalyse est une voie d’accès) on peut questionner sa finalité (par le biais de l’analyse systémique) qui peut néanmoins fournir une réponse valable.

Circularité. Une question essentielle doit se poser : la communication entre les membres d’un groupe dysfonctionne t’elle parce qu’il y a une personne au comportement mystérieux ? Ou bien, cette personne a-t-elle un comportement mystérieux parce que la communication dysfonctionne ?

L’impossibilité de ne pas communiquer. On ne peut ne pas avoir de comportement tout comme on ne peut pas ne pas communiquer. Dans une interaction tout comportement a valeur de message. En retour, les autres ne peuvent pas ne pas réagir, et de ce fait, eux-mêmes communiquer. Une communication ne se borne pas à transmettre une information, mais induit en même temps un comportement. La communication a deux aspects : un aspect verbal, et un aspect comportemental que tout un chacun doit s’efforcer à combiner en évitant toute équivoque.

Chacun a un modèle respectif d’interaction. En cas de conflit, il peut y avoir une incapacité de chacun à communiquer sur les modèles d’interaction respectifs. La traduction ne s’effectue pas. Nous allons aborder quelques cas de communications conflictuelles au travail, afin d’éclairer tout ceci.

Quelques exemples de communications conflictuelles au travail.

    1. – Rejet, isolement.
    1. -Annulation : contradictions, incohérence, discours obscurs, ordres contradictoires, silences, refus de discussion, évitement, non considération….
    1. – Le symptôme comme communication : absurdité, ignorance, incapacité, arrêts maladie…..
    1. – Un comportement de type « prédiction qui se réalise » : une personne part du fait que personne ne l’aime par exemple, et va avoir un comportement méfiant, induisant le rejet des autres.
    1. – Erreurs de traductions ; ex : discours : « je suis heureux ». Comportement : pleurs.
    1. – Escalade symétrique avec un emballement du système. Les disputes n’ont plus de sens, sauf celui de se répéter et de figer la relation. Souvent c’est la recherche d’avoir le dernier mot, de ne pas se laisser dépasser. Cela engendre une perte du sens et de l’objectif commun. Il importe de pointer la tactique employée.

Tous ces exemples montrent l’importance du diagnostic et l’importance de devoir saisir la complexité des relations entre un fait et le cadre dans lequel il s’insère. Nous nous proposons de passer à une seconde étape, celle du diagnostic et de l’action du psychologue.

L’importance du diagnostic

Les questions que nous devons nous poser sont :

  1. Comment l’information est-elle transmise ?
  2. De quel type est la communication établie, tant sur le plan verbal que non verbal ?
  3. Etude des effets de la circularité du système, ou de rétroaction : comment dans une chaîne d’événements « D » renvoie à « A »en passant par « B » et « C »ou pas.
  4. Etude de la redondance ou répétitivité.
  5. Comment les interactions s’effectuent-elles ?
  6. Quelle est la fonction de la(les)personne(s) qui dysfonctionne(nt) dans le système dont elle(s) fait(font) partie ?

Psychanalyse et analyse systémique :

Les symptômes en analyse systémique sont considérés comme une sorte d’entrée d’informations dans le système et non uniquement comme l’expression d’un conflit intra-psychique, tel que la psychanalyse l’aborde. Ce pourquoi il est important de doubler son écoute de ces deux techniques afin de distinguer les problèmes individuels et les problèmes de groupe, tout en gardant en mémoire que les problèmes individuels vont avoir un impact sur les interactions avec le groupe. La difficulté est de bien identifier le contexte dans lequel évoluent les personnes et d’interroger éventuellement le mythe institutionnel.

Le mythe institutionnel

Il constitue un des points d’appui dans le groupe. Il assigne les rôles et prescrit un comportement qui, en retour, va renforcer et consolider les rôles. Il fonctionne comme un « thermostat », maintient le niveau de structuration du groupe en établissant des modèles qui se perpétuent grâce à la circularité et à l’auto-régulation. Toute une palette de comportements vient régler ou dérégler le système qu’il est parfois important de décrypter.

Au-delà des relations entre personnes faisant partie d’un système, il est parfois nécessaire de réfléchir à un nouvel ordre d’interaction en pointant les éventuels paradoxes. Par exemple, une personne nouvellement embauchée peut prendre la place d’une personne qui précédemment dysfonctionnait. Cette dernière a pu mettre en place des règles de fonctionnement que les gens continuent d’appliquer sans en comprendre pour autant le sens. La personne nouvellement embauchée perçoit la nécessité du changement mais ne peut changer les règles sans être perçue comme menaçante car elle peut toucher au mythe et par voie de conséquent, à tout un système de croyances.

L’action de la psychologue dans un travail de médiation, de régulation des relations.

Parce qu’elle est extérieure au système, la psychologue peut apporter ce que le système ne peut engendrer : une modification éventuelle des règles.

Elle doit comprendre la rigidité éventuelle du système et ne pas s’y laisser enfermer.

Le « contre-jeu » est une image en miroir d’une attitude pathogène. Par son action elle relance le jeu et induit par son savoir de psychothérapeute une attitude à laquelle les personnes concernées ne peuvent pas ne pas réagir. Les personnes vont devoir réagir en changeant progressivement leur mode d’expression habituel ; l’objectif étant de les obliger à sortir du cadre rigidifié par le problème.

Pour conclure

La psychologue vient élargir le cadre du système pré-établi. Le cadre de ce dernier devient alors plus vaste et intègre une étrangère qui est aussi une spécialiste.

Parler un conflit est déjà s’en éloigner. Tous les intéressés sont invités à le regarder par l’extérieur et :

  1. Interroger ses règles et ses codes.
  2. Pointer les éventuels paradoxes.
  3. S’interroger sur le sens qu’ils donnent au fait de travailler ensemble pour un objectif commun.
  4. Ecouter le ressenti des autres permet souvent d’apprivoiser le sien.

La citation de Thomas Hora renvoie à la circularité et au mouvement qu’induit l’approche systémique : « Pour se comprendre soi-même, on a besoin d’être compris par l’autre. Pour être compris par l’autre, on a besoin de comprendre l’autre ».

Un article de Laurence Cosperec – 06 82 38 44 23 

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