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L’Approche Gestaltiste de l’Analyse des Pratiques

Gestalt

L’approche gestaltiste est centrée sur la qualité du lien humain, le contact et les émotions. Là ou dans certaines approches il peut y avoir des silences importants, des interprétations, un discours explicatif, des renvois au vécu personnel du travailleur social,  celui-ci se trouve face à un animateur qui s’implique, partage ce qu’il ressent et prend soin des liens. Ce dernier prend soin des liens entre lui-même et l’équipe, entre les membres de cette équipe ainsi que de ceux qu’ils entretiennent avec les usagers.

Faisant une large place aux ressentis des professionnels, elle prévient et protège du burn out.

La Gestalt : Notions et principes

Gestalten signifie “donner forme”, “faire émerger”. Il s’agit notamment de rendre conscientes les formes répétitives dans lesquelles l’être humain s’enlise, d’en comprendre l’intérêt et de commencer à expérimenter concrètement une autre façon de réagir à la confrontation avec ce qui, jusque là difficile ou impossible à faire, empêche de sortir des répétitions (“gestalts inachevées”).

Présupposant la responsabilité de chacun, elle amène à comprendre les formes suivant lesquelles se co-construisent les relations : il ne s’agit pas de changer l’autre en face mais, en modifiant la manière dont nous l’abordons par un “ajustement créateur”, de redynamiser la relation.

Mise en œuvre au sein d’un groupe de professionnels

La posture d’un animateur gestaltiste en analyse des pratiques se caractérise par l’acceptation inconditionnelle, l’empathie et la non-directivité de telle sorte que le lien qu’il établit avec les travailleurs sociaux leur permette de parler librement, y compris de ce qui pourrait être une faute ou une erreur, un doute profond, une émotion très négative…

L’intervenant cherchera d’abord à comprendre ce qui a motivé le travailleur social, quelle forme a émergé dans sa relation à l’usager, comment cette gestalt s’est co-construite avec lui avant d’aborder les réponses aux questions que se posent les participants.

Émotions et ressentis (corporels ou pas) de chacun serviront de guide dans cette recherche et parfois même dans les décisions à prendre.

L’animateur est lui-même traversé, en conscience, par des émotions, à l’écoute du récit du travailleur social. Il observe les perturbations de contact : le professionnel est volubile, agité, éparpillé, pessimiste, très optimiste, surinvesti, envahissant, perdu, peu loquace, désinvesti, etc. Il observe ses propres réactions qui l’informent également sur ce qui se passe entre le travailleur social et l’usager. Du chemin intérieur que l’animateur fera pour retrouver du calme, de la stabilité, un axe, une distance ou au contraire plus de contact, des mots, etc, de ce chemin explicité, les travailleurs sociaux puiseront des éléments pour construire des réponses à leurs propres questions.

La qualité du lien qui se crée avec l’intervenant et entre les participants qui sont invités à aider leurs collègues, les formes qui émergeront dans la séquence de travail, serviront de modélisation pour la relation bénéficiaire / travailleur social. Ce dernier aura expérimenté concrètement une autre façon d’accueillir le problème posé par le bénéficiaire ou peut-être “simplement” un ressenti différent, à partir de la façon dont l’intervenant accueille son récit et chemine avec.

Effets et points forts

La Gestalt  permet de structurer la proximité nécessaire du travailleur social avec l’usager et offre une manière originale de réfléchir sur les situations pour sortir des impasses relationnelles ou des répétitions d’échecs. Elle démontre que c’est la qualité du lien, grâce au contact, qui promeut le changement.

Elle invite les professionnels à une qualité d’être, une qualité de contact, plutôt qu’à la précipitation pour “faire”.  Elle présente l’avantage de ne nécessiter aucun bagage théorique préalable.

En mettant l’accent sur l’observation du “comment se co-construisent les relations”, elle répartit les responsabilités et délite les phénomènes de bouc émissaire.

Excellent ingrédient du team building, elle facilite le travail des managers par son approche humaniste et sa recherche d’ajustements créateurs.

En accord avec les participants, il est possible de faire des jeux de rôles centrés sur les ressentis, à partir des situations qu’ils rencontrent.

Points de vigilance spécifique

La supervision ne se confond ni avec une conduite de réunion ni avec une fonction hiérarchique. Elle opère à partir de la demande des participants. Une rencontre préalable avec ceux-ci est souhaitable afin de recueillir leur adhésion à la méthode. De même, il est préférable que la fin soit consensuelle avec une séance de “bouclage” qui sert à faire le bilan des apports.

Origine de la méthode

C’est une méthode de développement personnel et de thérapie qui est née, pour simplifier, dans les années 50 grâce à un neuropsychiatre psychanalyste nommé Fritz Perls, qui exerça un temps à Vienne comme Sigmund Freud. Complètement en phase avec le renouveau des années 70, elle va combiner les approches phénoménologique, pragmatique, corporelle reichienne, philosophique orientale, psychodramatique, entre autres.

Compatibilité avec les autres approches

N’étant pas dogmatique, la Gestalt permet d’utiliser la psychanalyse, particulièrement jungienne, l’analyse transactionnelle, la systémie, etc comme grilles de lecture de façon à varier les angles de vue et favoriser l’ajustement créateur.

Un texte de :

Geneviève BELMONT  Superviseur et Intervenante en Analyse des Pratiques  06 62 69 95 78 | gbelmont@gmx.fr

Burnout, Gestalt, Lien, Relation, Travailleurs sociaux

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