
Je m’étonne toujours de voir combien dans les établissements médicosociaux, sanitaires, socioéducatifs, les émotions sont aussi peu prises en compte dans les relations et ceci à toutes les strates de l’organisation.
Si les émotions telles que la joie, la peur, la colère et la tristesse étaient accueillies et/ou exprimées, dans les établissements médicosociaux et éducatifs qu’est-ce que l’on « risquerait » ?
On risquerait :
Les émotions sont peu présentes dans leur forme « naturelle » je dirais, en revanche, l’émotionnel est quant à lui très actif. Voyons la différence dans le paragraphe suivant.
Le terme « émotion » vient du latin emovere, « hors de » et « mouvement ». Intéressant de constater que le mot « motivation » a la même racine ! Il s’agit bien de ce qui sort de nous, ce qui veut sortir, et à l’inverse, ce que l’on fait pour bloquer le mouvement. Dans la littérature, on trouve 6 émotions de base : la joie, la peur, la tristesse, la colère, le dégoût et la surprise. C’est parce que nous « gérons » nos émotions au sens de contrôler, réprimer que l’être humain en arrive à des réactions disproportionnées. Et effectivement, on n’est plus en maîtrise de cette expression émotionnelle. Il y a lieu de différencier l’émotion qui est une énergie de son expression.
En lieu et place d’émotions circulant et accueillies, on constate un « émotionnel » présent. Cela veut dire quoi ? Dans ce cas, les émotions sont enkystées, cristallisées et forment un « nœud » empêchant la libre circulation, ça serait comme un barrage sur un cours d’eau retenant la libre coulée de celui-ci. Alors, il se produit une telle retenue avec son lot de ragots, de colère, de médisances, de jugements intempestifs, de non créativité, de mal être, de manipulation, mais aussi de toute puissance et de laisser faire.
Cette autorisation et cette liberté d’expression sont présentes dans notre plus jeune âge et puis au fur et à mesure que l’on grandit, on enregistre qu’il faut se tenir comme ceci, se montrer comme cela, ne pas dire ceci, se taire, etc. Un conditionnement, en particulier le contrôle, s’installe et entrave peu à peu une saine circulation en nous et par voie de conséquence entre nous. Et pourquoi cela est exacerbé dans les établissements médicosociaux et éducatifs ? Mon observation me fait dire que cela l’est car ce sont des établissements où la souffrance, la peur, la tristesse sont hyper présentes du fait des situations de personnes accueillies et donc il y a amplification. Chaque personne accueillie, chaque famille et chaque professionnel (quel que soit la place dans le système) vient avec son « package émotionnel » et à un moment donné, c’est le phénomène de la cocotte-minute.
Il ne s’agit certainement pas de rajouter de la gestion émotionnelle et des formations en ce sens et apprendre encore plus à contrôler ces émotions.
Il s’agit, à mon sens :
Concrètement, une offre d’accompagnement qui peut aider c’est :
Il y a vraiment nécessité dans les établissements médicosociaux et éducatifs de :
Prenons soin de ces lieux de soins dont un jour, nous même ou un proche pouvons-nous y retrouver !