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Le travailleur social face à la Supervision

Christophe est éducateur spécialisé intervenant sur le SEPA ( Service Educatif et Psycho-thérapeutique Institutionnel pour Adolescents ), service d’un C.D.E.F ( Centre Départemental de l’Enfance et de la Famille ).

Il a été recruté au CDEF en 2004, dans un premier temps sur un internat qui accueillait des adolescents, avant que le SEPA ne soit crée.

Une supervision psychanalytique

L’équipe ayant alors à faire avec un réel particulièrement éprouvant, des séances mensuelles dites de supervision avaient été mises en place sur l’internat d’adolescents.
L’intervenant recruté était psychanalyste et avait préféré nommer ces séances de ‘super audition’ afin que le signifiant choisi soit au plus près de ce dont il s’agissait selon lui: écouter les professionnels parler de leur pratique. Le style et la formation de l’intervenant l’amenait aussi à conceptualiser ce qu’il entendait en référence à la théorie Lacanienne et aux questions de structure psychologique.

Christophe a bénéficié de ces séances pendant 3 ans sur l’internat puis cela s’est poursuivi pendant 5 ans sur le SEPA, ce dernier service ayant été pensé et crée en 2007 pour répondre à des problématiques pour lesquelles les structures d’internats de type classique se retrouvaient débordées.

Au bout de ces 5 années il était toujours satisfait de ces séances mais une partie de l’équipe n’y trouvait pas son compte. Ils souhaitèrent y mettre fin. Cela qui fut signifié à la Direction et au superviseur lui même. Les séances de supervision furent arrêtées.

De l’efficacité perçue de séances de supervision

Christophe analyse les insatisfactions de ses collègues d’alors au regard du style de l’intervenant qui laissait les professionnels face à leur silence et qui maniait des concepts auxquels une partie de l’équipe ne comprenait pas grand-chose et qu’ils ne cherchaient pas particulièrement à questionner pour autant. La plainte des professionnels s’exprimait dans des termes tels que «il ne se passe rien…à quoi cela sert t’il? On a encore perdu 2 heures…»

Les freins au re-démarrage de séances de supervision

3-4 années se sont écoulées avant qu’elles ne reprennent avec une nouvelle intervenante. D’après Christophe cette période ‘sans’ a été marquée par une forme de désintérêt pour certains ou par de la gêne pour d’autres au regard de l’obligation qui était faite par le projet de service à ce qu’elles se tiennent. Personne n’interrogeait le sens véritable de cette suspension. Il semble que la reprise de la supervision ait traîné par manque de désir de l’équipe mais aussi par la contrainte qui avait été initialement posée par la direction de l’époque pour le recrutement d’un superviseur qui devait alors être rattaché à une école de psychanalyse. Il a été en effet difficile de trouver un intervenant répondant à cette condition et l’assouplissement des conditions de recrutement ultérieur l’a facilité.

La nouvelle intervenante a été trouvée par les chefs de services éducatifs du CDEF.

Il s’agit d’une psychologue clinicienne d’orientation psychanalytique, plus dynamique que le superviseur précédent, apportant sa contribution en demandant aux participants ce qu’ils veulent traiter et en venant débusquer leur parole des lorsqu’elle semble ‘en panne’.

Si Christophe constate que malgré la différence notable de style de l’intervenant, la plainte de certains de ses collègues à l’égard de la supervision revient, il souligne aussi que cette plainte est moins unanime car la façon de travailler de la superviseuse satisfait certains autres collègues qui ne l’étaient pas avant.
Chez ceux qui ne sont pas satisfaits il semble qu’il s’agisse de la même résistance à partager en présence du tiers superviseur des interrogations qui  s’expriment par ailleurs dans «l’entre soi» des relations de collègues à collègues sur le service.

De l’importance de la demande et de l’engagement

Dans son analyse Christophe revient sur le fait qu’à l’origine de la mise en place des séances sur l’internat d’adolescents,  ’équipe était toujours partante :

«Historiquement, les séances de supervision se sont mises en place à partir d’un réel traumatique. Nous vivions à l’époque des sortes de prémisses de psychothérapie institutionnelle à l’échelle d’un petit groupe…. On nous laissait beaucoup de liberté au regard du réel très difficile auquel nous nous coltinions. Mais pour cela on avait besoin d’un tiers. Et c’est dans cette nécessité impérieuse et cette liberté de manœuvre que la supervision a pris place pour nous. Ensuite, au SEPA il y avait de nouveaux collègues pour lesquels les séances de supervision étaient déjà là sans qu’ils n’en connaissent l’histoire, l’équipe n’étant plus la même hormis trois d’entre nous qui étions là depuis le début ».

Christophe pour sa part était satisfait du travail du premier superviseur,et il l’est aussi de celui de l’intervenante actuelle.

Mais Christophe est de ceux qui ont été pris dans l’histoire de leur mise en place dès le démarrage..

Interview réalisé par Christine Vaugrente – En savoir plus sur l’Auteur

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