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Groupe d’échange de la pratique

Le travail du groupe facilité et guidé par l’animatrice se fait  à partir d’une situation d’animation de groupe, racontée par un participant qui a choisi de la présenter parce que celle-ci lui pose problème ou parce qu’elle l’interroge.

Toutes les méthodes adoptées par les animateurs en formation (continue) sont acceptées ainsi que tous les référentiels.

  • : Animateurs en exercice dans tous les domaines
  • :

    Formation à la relation

     

  • :

    Les participants ont des soignants, des travailleurs sociaux, des intervenants qui ont tous des activités d'animation.

    Une situation d’animation

    Le déroulement d'une séance de travail se construit autour de la présentation par un participant membre du groupe d'une situation d'animation. Les autres membres du groupe écoutent attentivement sans interrompre le présentateur. Ils peuvent après ce premier temps associer librement autour de la situation présentée.

    Un éclairage nouveau

    Le présentateur n'est pas tenu de répondre à leurs interrogations. Quand il reprend la parole, il se laisse aller à ce qui lui vient et ce qui lui revient de ce qu'il a entendu. À la fin de la séance le présentateur découvre un éclairagenouveau ou un autre aspect relationnel.

  • :

    Spontanéité ◦ Association libre 

     Absence de notes

    Respect de la parole des autres sans évaluation ni jugement

    Confidentialité

  • :

    Psychologue, psychanalyste de formation groupale, leader de groupes Balint accréditée

  • : une séance d'une heure et demie une fois toutes les 6 semaines
  • : 6 à 8
  • : FORMAPSY
  • 9 rue Gustave Courbet et /ou 13 Impasse Le Corbusier
  • Souad BEN HAMED
  • Besançon
  • 25000 Besançon
  • : souad.ben-hamed (at)formapsy.org
  • : Fixe : 0381822867 - Mobile : 0617120668

L’animation en couple, De la typologie du couple amoureux à la typologie du couple d’animateurs

Le couple d’animateurs en Analyse des pratiques, Supervision d’équipes… (3ème partie)

Deux typologies du couple amoureux vont nous permettre d’imaginer des typologies de couples d’animateurs. La première est ancienne et est basée sur les modèles d’attachement et de séparation, la deuxième est plus moderne et est basée sur l’insuffisante de l’élaboration de la position dépressive et des angoisses de séparation. Il est important de noter que dans les deux modèles, la question de la séparation est primordiale.

Dans la première typologie (Mattinson ; Sinclair, 1979), on a pu identifier 3 sortes :

« Gamins dans le Bois1 »  ; « Filet et Épée2 » et « Chien et Chat3 ».

Dans le modèle « Gamins dans le bois », les membres du couple se cramponnent l’un à l’autre pour faire face à tout ce qui vient de l’extérieur et qui leur paraît hostile. Dans le modèle « Filet et Épée », le désir de rapprochement est porté par l’un quand le désir de distance est porté par l’autre. Le modèle « Chien et Chat », est celui de deux partenaires qui multiplient les chamailleries et les disputes, qui ne se séparent pas pour autant mais qui au contraire, au moment où on attend de les voir se séparer, font preuve d’attachement.

La deuxième typologie plus récente ( G. Decherf, 2001) décrit deux grandes configurations : une basée sur l’amour idéal et une autre sur l’angoisse de mourir.

La première configuration, l’amour idéal, est caractérisée par deux phases : une phase d’illusion et une phase de désillusion. Dans la phase d’illusion, chacun des deux partenaires pense avoir trouvé sa deuxième moitié. Une deuxième étape, étape de désillusion vient remplacer cette première ou plutôt la moduler. Le couple passe d’un contrat entre deux partenaires basé sur un idéal absolu commun à un contrat fait d’un idéal qui tient compte de la réalité, des besoins et spécificités de chacun.

Deux périodes sont traversées : une période d’amour idéal et une période d’aménagement de cet amour idéal.

Dans la période d‘amour idéal, les partenaires semblent se dire : « Nous voulons atteindre un amour idéal ; Nous nous faisons du bien tous les deux ; Nous nous faisons du bien tous les deux ; Nous sommes bons tous les deux ». Dans la période d’amour idéal aménagé, Derechef fait dire aux partenaires : « Nous avons des idéaux communs ;  Nous avons des idéaux propres ; Nous nous faisons du bien tous les deux ; Nous avons des points communs et des différences ; Nous sommes bons tous les deux ».

Le couple passe ainsi de l’état d’illusion retrouvée, illusion qui rappelle la relation primaire mère-enfant avant la séparation à une illusion aménagée ou désillusion. Le passage de la première à la seconde étape nécessite des renoncements et des compromis tenant compte des besoins de l’autre. Mais cette désillusion ne va pas de soi. Il arrive qu’elle n’advienne pas. Dans ce cas, des phases différentes des premières peuvent faire leur entrée : ,

Une phase de survie ou de liens pervers peuvent avoir lieu en réponse à la désorganisation et en fonction de son intensité lors des aménagements et des renoncements nécessaires.

La deuxième configuration, l’angoisse de mourir ou d’autres angoisses, est caractérisée par un état de lutte pour la survie. Dans cet état, chacun doit neutraliser définitivement l’autre pour survivre. Ici, le dialogue interne ou explicite est le suivant : « Il faut neutraliser l’autre pour survivre ; Je souffre à cause de l’autre ; Je souffre à cause de l’autre ; J’ai raison, l’autre a tort ; J’ai raison, l’autre a tort ; Je suis bon, l’autre est mauvais ; Je suis bon, l’autre est mauvais ».

Cette situation peut provoquer une déception inacceptable et entraîner un lien qui peut prendre des tournures perverses. Des manœuvres perverses peuvent se mettre en place : manipulations, disqualifications, ainsi que différentes stratégies de neutralisation ou de contrôle. Plusieurs destinées de cette situation  sont possibles. Le but, est donc de garder l’autre sous la main. Pour cela, plusieurs stratégies perverses peuvent se mettre en place. Le dialogue interne ou explicite serait donc le suivant : « Avec toi, je ne vis pas, changeras-tu ?; Sans toi, je ne vis pas, ne change pas ; Je souffre à cause de toi ; Je souffre moins avec toi ; J’ai besoin de toi pour ‘nous’ ; J’ai besoin de toi pour moi ; Nous avons besoin d’être tous les deux ».

Il m’a semblé que la question de la rencontre du couple d’animateurs, de leurs choix d’animer ensemble, notamment quand il s’agit d’animateurs de groupes de longue durée, comporte quelques configurations qui sont similaires aux différents modèles décrits ci-dessus. Mon hypothèse, est que la peur de la solitude est une raison commune aux deux situations de mise en couple.

Dans cette situation de mise en commun d’un temps de travail avec un groupe, la capacité d’être seul en présence de l’autre, la capacité d’être seul en son absence, les différentes formes de solitude partagée, l’angoisse de séparation de type catastrophique, les difficultés d’individuation, de différenciation, l’illusion gémellaire, la reviviscence d’une séduction narcissique restée béante peuvent concerner les couples d’animateurs.

Que cherche l’animateur en se mettant dans une position de co-animation ? assurer le bon déroulement de son travail en diminuant les biais de la subjectivité ? vouloir se protéger contre les attaques du groupe ? partager le poids des éléments transférentiels et contre-transférentiels ? faire face à toutes sortes de biais dans la perception de la situation ?

Il serait utile et fructueux pour nous tous de tenter de nous ouvrir à ces mouvements intellectuels, psychiques et émotionnels, à tenter d’orienter notre loupe à ce qui se passe dans cet espace partagé si complexe : la co-animation.


1 Babes in the Wood
2 Net and Sword
3 Cat and Dog

Solitude en Animation

Analyse des pratiques, Supervision, Animation d’équipes en couple, Pourquoi ?

Pourquoi anime-t-on en couple ? (2ème partie)

À cette question, une première réponse pourrait venir à l’esprit : « Pour ne pas être seul face à ce qui se passe dans les situations  groupales complexes ».

Cette question ne manque pas d’entrer en résonance avec celle posée par D. Anzieu autour d’une autre configuration de lien de couple, le couple amoureux. « Pourquoi vit-on en couple ? » se demande-t-il pour y répondre : « La raison originaire semble être la peur de la solitude ». Mais la peur de la solitude est-elle spécifique aux couples amoureux ? Ne nous l’entendons pas dans les déclarations suivantes : « Je ne me vois pas du tout animer seule », d’autant qu’à la peur de la solitude, D. Anzieu ajoute deux besoins :  « le besoin archaïque d’un étayage des fonctions psychiques sur un objet primordial » et « la nécessité de parer l’angoisse d’un retour à l’état de détresse lors des frustrations, des échecs, des stress de l’existence. »

Pourquoi donc anime-ton en couple ?

La littérature psychanalytique se montre inexistante autour de cette question dont l’intérêt nous semble indéniable.

Naissance de la co-thérapie et de la co-animation

À ma connaissance, l’animation en couple est née après la deuxième guerre mondiale, au Tavistock Centre for Couple Relationships à Londres. C’est d’abord le souci d’une aide sociale au couple et de la famille, qui a vu le jour après la Seconde Guerre mondiale, ensuite l’aide psychologique conjugale et intra-familiale ajoutée à l’aide professionnelle des travailleurs sociaux.

Pour assurer cette aide, M. Balint rejoint E. Balint, en questionnement, face à l’animation de séminaires qui prenaient la forme d’une étude de cas en direction des travailleurs sociaux qui recevaient des couples en grande difficulté pour lesquels, l’aide était centrée sur l’aspect social et qui s’était trouvée ensuite orientée autour d’une aide psychologique. C’est ainsi que le couple des animateurs se concentre dorénavant sur les questions qui se posaient pour les couples mais aussi pour celles qui se posaient aux travailleurs sociaux qui les recevaient.

Le couple de psychanalystes E. Balint et M. Balint créent ensuite le premier groupe Balint dans le but de former les médecins à la compréhension des situations pathogènes existantes.

La complexité des configurations de liens quand on se trouve face à plus d’un sujet qu’il s’agisse d’un couple, d’une famille ou d’un groupe a-t-elle entraîné la nécessité d’être plus d’un (thérapeute, animateur) ?

L’animation en couple « C’est comme une P.M.A ! »

1ère partie

Je suis en présence d’un groupe d’animateurs qui se livrent à une association libre autour de la question de « l’animation en couple ». Ils se demandaient si celle-ci est une aide ou plutôt une entrave.

«  Il m’a appelé à la dernière minute pour dire qu’il ne venait pas, je me sentais anéantie, ça ne se fait pas, on n’abandonne pas comme ça son, son part, son co- quand même ! » déclare la première.

« Je ne me vois pas du tout animer seule, je ne sais même pas ce que ça donnerait. Pourtant, des fois, on se rend compte que quand l’un d’entre nous anime, l’autre ne parle presque pas, mais la présence est importante, on se sent moins seul » réplique la deuxième.

« Des fois, je me dis : ‘il m’a écrasée, il ne me reste plus rien à dire, surtout qu’il est plus expérimenté que moi dans le domaine’ ». ajoute la troisième.

« On se regarde, il se passe quelque chose entre nous, on en parle après, mais jamais les mots ne peuvent reproduire ce moment où nos regards se sont croisés sur la même idée, le même ressenti » associe la quatrième.

« On ne se sent productif qu’à deux, c’est comme dans une relation de procréation assistée, d’une P.M.A1 » enchaîne la dernière2.

Ce vocabulaire empruntant des expressions qui appartiennent aux registres des angoisses archaïques (ici, anéantissement et écrasement), de l’amour, de la séduction, de la sexualité nous paraît révélateur de l’importance de la dimension couple dans le dispositif à deux.

Ces échanges peuvent faire écho au lien duel auquel J. Bergeret a appliqué les théories psychanalytiques du groupe, en particulier celle développée par R. Kaës. Animer en couple est-il un dispositif à médiation qui garantirait l’aptitude à contenir et à transformer la violence fondamentale de chacun ? Paradoxalement, le lien duel, ne ravive-t-il pas certains mécanismes comme celui d’identification, de projection, de dépôt, de collusion… ? Ne met-il pas en route des fantasmes de gémellité, de collage…? N’offre-t-il pas le terrain glissant de certains agirs ?

Les paroles recueillies et les imaginaires repérés dans la chaîne associative groupale font écho aussi aux mots du couple tels que nous les apercevons dans le livre de Jean-G. Lemaire qui porte ce titre.

Chacun des deux animateurs peut chercher à assurer son individualité, sa certitude de pouvoir penser sans l’autre et, en même temps, ne s’imagine pas être seul face au groupe et à ses attaques. Que représente le « nous » dans le « moi » de chacun ? Que représente le « moi » quand il est mis dans un « nous » ?

Il serait intéressant de se poser quelques questions : qu’est-ce qui pourrait unir, désunir, rapprocher, éloigner un couple d’animateurs (surtout dans le cas d’animation de groupes de longue durée) ?

Sont-ce leurs appartenances implicites ou explicites à des écoles et/ou des courants de pensées théorico-cliniques ? Sont-ce quelques caractéristiques de leurs personnalités ? Est-ce une sympathie sans raisons apparentes qui les a unis ?

Mais aussi quels sont les enjeux relationnels qui ont lieu, à chaque animation, entre le couple d’animateurs et entre le couple et le groupe ?

Il est habituel que les animateurs prennent un temps d’échange, de questionnement et de tentative d’élaboration après l’animation, mais ce temps est-il suffisant ?

Il arrive qu’un animateur aussi chevronné soit-il, s’inscrive dans une demande d’un autre regard et d’un éclaircissement de ce qui a été touché en lui et qui a laissé une zone sombre mais je n’ai pas eu l’occasion de recevoir un couple d’animateurs en supervision. Ceci me semble être pourtant un terrain fructueux et un sujet de recherche original.


1Procréation médicalement assistée.
2Nous remarquons que les paroles recueillies étaient prononcées par des animatrices (femmes). Des animateurs hommes ont participé à ce temps de travail.

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