
C’est une démarche méthodologique d’écoute dans un cadre aidant et non contraignant, un apprentissage à la verbalisation des situations et des ressentis, dans le respect absolu des personnes.
Le G.E.A.S.E permet de mobiliser les intuitions et la créativité d'un groupe de personnes autour d'une situation particulière.
Il consiste en un protocole de discussion permettant à un groupe restreint (max. 10 personnes) d'élaborer des pistes concrètes pour planifier un projet ou surmonter des obstacles.
L’approche est plutôt réflexive et pédagogique, centrée sur les situations d’accompagnement et éducatives.
Pour le GEASE, le premier ancrage c’est l’implication du narrateur et le travail sur le récit. Le premier bénéficiaire c’est celui qui apporte son histoire.
L’objet d’analyse sera le travail d’implication personnelle, la relation de contre-transfert entre l’accompagné et l’accompagnant.
Pour le GEASE, l’ancrage spécifique fort est la multiréférentialité reliée à une pratique réflexive basée sur la force et la diversité du groupe.
L’intérêt de la méthode réside dans l’utilisation de la richesse du groupe et son soutien pour éclairer la situation exposée par un collègue, et de jouer sur la multiplicité des regards des autres participants.
L’animateur (facilitateur/conducteur) est garant du cadre sécurisant et bienveillant en veillant à :
En GEASE, le groupe est donc une « organisation apprenante » et a une fonction de régulation. Il est basé sur quatre règles de fonctionnement essentielles :
Le groupe va travailler à partir de ses propres ressources ; il s’agit de comprendre une pratique et de s’entraîner à produire des éléments de compréhension en utilisant la multiréférentialité du groupe.
L’animateur du G.E.A.S.E. présente ces objectifs, définit quel sera son rôle dans le groupe et décline les différentes phases.
La durée totale d’une séance est d’environ 2h30 à 3h et la durée du G.E.A.S.E proprement dit sur l'ensemble de la séance est de 1h30 à 2 h.
Le facilitateur du G.E.A.S.E. présente l'ensemble du dispositif et les indications qui figurent en préambule.
Les questions porteront sur 5 champs : pédagogique/didactique/institutionnel /social/psychologique.
But de ce travail : multiplier les éclairages sur le cas.
Le facilitateur reprend alors la parole pour exprimer ses observations sur la manière dont le processus s'est déroulé. Il renvoie aux uns et aux autres une image de ce qu'il a perçu (relations, prises de parole, dynamique, émotions, processus, etc). Son mandat est de relever les contre-sens, les collusions, les alliances, les oppositions, etc.
Il encourage tous les participants à s'exprimer librement, sur le fond (ce que lui a appris le cas) comme sur la forme (travail du groupe, intérêt du dispositif et critiques possibles).
Les participants sont invités à opérationnaliser rapidement leurs idées pour un suivi concret.
Le G.E.A.S.E. cherche à développer des compétences à l’analyse et faire acquérir des connaissances par l’entraînement à l’analyse en décomposant en plusieurs éléments, afin de rechercher des savoirs cachés dans l’agir.
Le GEASE permet d’améliorer son système d’actions, il vise à la transformation des personnes, des habitudes, des groupes, des équipes, des institutions. C’est un puissant moteur de développement professionnel et personnel.
Le G.E.A.S.E. se centre sur la situation éducative et son fonctionnement en plus de la pratique professionnelle. L’objet de travail est l’intrication du personnel et du professionnel. Il prend en compte les différents axes (ou dimensions) structurant la situation, la dimension psychologique ou personnelle, la dimension de groupe, la dimension institutionnelle. L’inconscient n’est pas l’objet de travail.
Le travail du groupe porte avant tout sur l’analyse, le changement de regard.
Tout le travail se fait dans le groupe et par le groupe.
Chaque participant doit s’investir, il a la triple obligation de donner, recevoir, restituer.
Le groupe accompagne la personne par rapport à son projet ou son ressenti d’une situation. Il devient une organisation apprenante, l’objectif est de développer des compétences à l’analyse plus qu’à la recherche de solutions. On cherche à élargir son champ de vision, son prisme, sa « carte de référence ».
L’animation d’un G.E.A.S.E. requiert des compétences de conduite de réunion, de vigilance décontractée, de formateur confiant dans l’éducabilité du groupe, de fermeté pour la protection des personnes. Il doit être formé à l’écoute.
L’animation repose aussi sur des attitudes éthiques pour traiter le surgissement d’imprévus et en assumer les conséquences, de loyauté vis-à-vis des commanditaires.
Les participants acceptent la position d’apprenant par l’action et par le groupe. Chacun doit s’engager dans le processus d’apprentissage et s’investir dans le groupe.
Des bilans réguliers sont à prévoir dans le groupe mais également avec les commanditaires.
Le G.E.A.S.E est un outil d’analyse de pratiques pensé puis élaboré par Yveline FUMAT et Jean-Bernard PATURET, de l'Université Paul Valéry de Montpellier, en 1992.