
Monsieur Laurent GARCIA vous disposez, en qualité de psychologue et d’intervenant, de nombreuses années d’exercice de l’Analyse de la praxis en établissement Médicosocial. Nous vous sommes reconnaissants de répondre à quelques questions !
L’analyse de la praxisa plusieurs raisons d’être et de se développer aujourd’hui:
L’analyse de pratiques est une plus value pour la bonne marche des institutions ,plus qu’un outil, un socle… d’ailleurs, tout projet d’établissement devrait se penser dans et par l’analyse de la pratique..
A mon sens, tous les établissements où s’opère une relation à l’autre , quel que soit le type d’établissements…parce qu’il se joue bien des choses dans cette « relation »: mécanismes de projection, de rejet, jeu de pouvoir, processus transférentiels où le professionnel « puise » et s’épuise » dans des contextes et systèmes complexes qui manquent cruellement de créativité, de réflexion, d’imaginaire Pour ces raisons, se confronter à des situations répétitives , douloureuses, nécessitent des espaces ou l’on nomme l’innommable, le monstrueux parfois.
Libérer la parole c’est libérer les émotions, analyses sa praxis, c’est déjà redorer quelque par l’estime de soi…
Central donc, pour prévenir les automatismes psychologiques et les actions mécaniques ….l’usure et la routine qui conduisent à des situations -symptômes !
Ce serait trop long à évoquer en quelques lignes…..disons la volonté, l’inscription dans une démarche individuelle/et collective. Une prise de conscience que ce type de dispositif peut amener les Établissements à questionner le sens, leurs sens, et puis des conditions de faisabilité « fonctionnelle », « organisationnelle », c’est à dire le fait de ne pas prendre l’analyse des pratiques pour un objet de contrôle, de pouvoir….le risque est du côté de l’intervenant à ce niveau, lui,, il doit repérer ce qui se joue aussi dans le dispositif qu’il propose, lire entre les lignes ….Conditions éthiques donc, conditions qui ne sont jamais garanties car « illusoire » au demeurant…de croire que l’on maîtrisera tout !!
Une approche clinique psychosociale où sont mis en question les processus de représentations de l’action, au sein des contextes où ils ont cours, le sens qui s’en dégage où non,méthodologie en 3 temps trop longue à détailler ici, mais qui a l’avantage pour l’intervenant de construire et mener une séance avec un fil conducteur précis, rigoureux, pas rigide…adaptable , modifiable ouverte..
Je dirais passer à côté de la demande, et croire à la maîtrise de tout les éléments en jeu,se positionner en savoir, se laisser mener par le groupe, sortir du projet initial, prendre parti, rater une séance en transformant APP en étude de cas…autant d’écueil que de situation possible, seule l’expérience
Le plus difficile en séance est d’extraire , visualiser la situation- scène évoquée par un professionnel, le problème évoqué, en faire une sorte de « visualisation mentale instantanée » pour mieux comprendre ce qui se passe afin de le décortiquer du mieux possible
En ce sens, l’analyse des pratiques est un exercice mental, proche de de ce que l’on nomme en thérapie une exposition en imagination; plus exactement, l’ APP est une exposition mentale en imagination.. d’une action produite en situation !!
Arriver à cela est rare car souvent l’on reste en surface on ne voit pas où est le problème car peut-être il n’y en a pas..
De bons bagages théoriques, multi référentiels, une certaine expérience et connaissance du terrain , une bonne connaissance de ses propres limites, une humilité de tout instant, car nous nous exposons à des institutions/ groupes parfois anxiogènes, noués, des groupes symptômes, difficiles, mais aussi avec des ressources que personne ne voit , des capacités de réflexion surprenante, des compétences que personne ne valorisent/
On devrait mettre en place des PRAXIROLE c’est à dire des APP mixées à des groupes de parole car aujourd’hui, pour moi en tout cas, le problème majeur, n’est pas tant la parole, mais le refoulement des émotions dans l’univers du travail médicosocial!!
Intervenir: venir entre, entre quoi et quoi? qui et qui? comment?
Si vous répondez à ces questions , c’est déjà pas mal, non ?