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La Qualité de l’animation en analyse des pratiques professionnelles

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Bonjour à tous!  aujourd’hui, nous allons parler de la qualité de l’animation dans un groupe d’analyse.

Comme nous en avons déjà parlé dans une vidéo précédente, l’analyse des pratiques professionnelles repose sur trois piliers fondamentaux le cadre, le protocole et l’animation.

Aujourd’hui, on va parler de l’animation.

Le rôle de l’animateur dans un groupe d’analyse des pratiques professionnelles

Le rôle de l’animateur dans un groupe d’analyse des pratiques professionnelles  est double. Son premier rôle, et bien, c’est d’apprendre aux participants à fonctionner en tant que participants dans un groupe d’analyse des pratiques professionnelles. Donc, il va se mettre dans le rôle d’un participant et il va montrer aux autres comment jouer ce rôle. Il va donc s’intéresser à la problématique du narrateur. Il va écouter ce qu’il dit. Il va poser des questions. Il va reformuler. Il va aider le narrateur à cheminer dans la présentation de sa situation comme si il était un participant, pour finalement montrer une sorte d’exemple aux autres.

Et puis, il va aussi conduire le groupe. Il va encadrer le groupe. Cela veut dire qu’il va surveiller. Il va être à l’écoute de tout ce qui se déroule à l’intérieur de ce groupe. Il va regarder les effets sur le narrateur, mais aussi sur les différents participants des échanges qui sont conduits. En encadrant aussi les différents temps. Il va surveiller comment se comportent les participants et il va essayer, lorsque c’est nécessaire, de les inviter soit à questionner, soit à reformuler, soit à poser leurs questions différemment ou à porter un regard attentif sur le narrateur par rapport aux questions qu’ils viennent de poser. Donc, c’est un rôle qui est didactique.

Il est plus sur le fonctionnement du groupe que sur les situations elles mêmes. Alors, bien entendu, la participation de l’animateur en tant que participant au Groupe d’analyse des pratiques a un effet souvent positif pour le narrateur. Et il va lui aussi, grâce à l’animateur aussi, cheminer sur sa situation. Mais j’attire votre attention sur le fait que ce n’est pas là le rôle principal de l’animateur.

Le rôle principal de l’animateur, c’est de faciliter le travail du groupe. C’est que ce groupe deviennent de plus en plus performants dans le fait de s’entraider, dans l’accompagnement qui est proposé à la personne qui vient travailler sa situation. C’est donc petit à petit, l’animateur devient de moins en moins visible à l’intérieur du travail de la situation. On sent sa présence. On sait qu’il est là. Il régule les échanges. Mais finalement, à mesure que le groupe progresse, il a de moins en moins besoin de les réguler et sa présence est de plus en plus discrète, même si elle est toujours perceptible et qu’elle génère au fil du temps  toujours la même sécurité de savoir que le cadre va être respecté, que si les échanges dérivent, il y a toujours l’animateur qui va permettre de recadrer et de revenir à l’intérieur du protocole. Et puis aussi, si jamais on s’éloigne du narrateur, on n’en prend pas suffisamment soin, on sait que l’animateur va intervenir pour réguler entre guillemets, pour protéger le narrateur ou chacun des autres participants de jugements éventuels ou d’interprétations éventuelles plaquées sur les situations, qui dérangerait la personne qui travaille ces situations ou un des autres participants.

Non, l’animateur du groupe d’analyse des pratiques professionnelles n’est pas un expert du métier qui est en train d’être accompagné ou s’il l’est ce n’est pas sur cette qualité qu’il va se baser pour accompagner et faciliter le groupe.

Sinon, qu’est ce qui se passe? Et bien l’animateur expert devient le super participant. C’est à dire c’est celui qu’on écoute. Il pose des questions. C’est lui qui interprète. Finalement, il pose son regard sur la situation comme étant une référence. Et ça prend une valeur de référence à l’intérieur du groupe. C’est à dire qu’en gros, c’est lui qui est chargé de comprendre, de décrypter et d’interpréter ce qui se passe et de restituer au narrateur ainsi qu’à l’ensemble du groupe. D’abord,

  1. un l’animateur risque de passer complètement à côté de la situation parce que tout expert qu’il peut être avec toute l’expérience qu’il peut avoir d’un domaine d’activité ou d’un métier, il n’est pas la personne qui est en train de vivre cette situation, même s’il a déjà été confronté l’animateur plusieurs fois à ce type de situation là. Il a en face de lui une personne dont la personnalité intrinsèque, les valeurs, le vécu, l’expérience est une combinaison assez unique. Et donc, en pensant trop vite avoir compris sa situation, en plaquant son propre cadre de référence et ses propres interprétations sur cette situation, il risque de passer complètement à côté ou partiellement ou majoritairement à côté de la situation qui est vécue par le participant. C’est à dire quelle est sa vraie problématique où se situe le nœud du problème et surtout, à quel endroit il peut retrouver du pouvoir d’agir parce que c’est bien ça qui nous intéresse. Pour faire progresser la pratique professionnelle on a besoin d’aider les participants à dépasser les choses qui les mettent en difficulté. Et si on se contente de leur dire là où ils sont en difficulté à leur place et ce qu’il faut qu’ils fassent à leur place, on risque de se heurter dans la réalité des faits, dans la réalité quotidienne de la pratique professionnelle, à une résistance persistante et donc à une situation qui se reproduit ou une situation dans laquelle, finalement, le narrateur ne sort pas.
  2. Ensuite, le positionnement fait en tête en tant qu’expert de l’animateur présente un autre problème, c’est celui de l’appauvrissement du groupe, parce que si l’animateur est l’expert et le super participant, celui qui sait, ça veut dire pour les autres participants que ses questions à lui, ses reformulations à lui, ses affirmations à lui deviennent des références. Les leurs sont donc par nature, par définition, moins intéressantes, moins importantes, moins aidantes, moins pertinentes. Et donc, ils vont moins prendre de place à l’intérieur du groupe. Parfois même, ils vont complètement arrêter d’intervenir. On appauvrit donc l’effet de l’analyse des pratiques. Et, ce n’est plus, par exemple, huit personnes ou dix personnes qui renvoient au narrateur des différentes manières de voir cette situation, différentes sensibilités, différentes approches. Mais plus qu’une seule personne qui fait ça pour les dix autres. C’est l’inverse de ce qu’on cherche à obtenir.

Alors, si on résume les principales qualités attendues pour un animateur de groupe d’analyse des pratiques professionnelles, la première qualité qu’on attend de lui, c’est le professionnalisme.

Le professionnalise de l’animateur d’un groupe d’analyse des pratiques

Le professionnalisme se voit quand l’animateur est capable d’expliquer, de présenter, de former au protocole qui l’utilise. Quand il est avec le commanditaire, comme quand il est avec les participants il peut expliquer les différentes étapes de ce protocole avec précision, les expliquer en détail et expliquer pourquoi ça se déroule de cette manière là. Quelle est en quelque sorte l’efficacité attendue des différentes étapes du protocole. Il sait aussi vous dire comment il régule le groupe, comment il pose le cadre et à quoi il est attentif en termes de facilitation dans le groupe. La deuxième qualité qu’on attend d’un animateur de groupe d’analyse des pratiques professionnelles, c’est l’humilité.

L’humilité de l’animateur d’un groupe d’analyse des pratiques

L’humilité face au métier par rapport aux situations qui vont être évoqués. Un animateur qui met en avant son expertise, qui met en avant son expérience du secteur d’activité, est un animateur qui risque de se positionner en expert et qui risque de ne pas permettre à chaque participant de prendre toute sa place à l’intérieur du groupe, qui risque de réduire finalement la dynamique du groupe à un dialogue de 1 à . N personnes venant chercher l’expertise d’une seule et non pas un groupe qui, petit à petit, va se co-former, va co-construire une démarche apprenante, une démarche dans laquelle chaque participant devient acteur à part entière de l’amélioration des pratiques professionnelles.

L’écoute de l’animateur d’un groupe d’analyse des pratiques

La troisième qualité qu’on attend d’un animateur de groupe d’analyse des pratiques professionnelles, et bien, c’est la qualité d’écoute. Tout simplement parce que la qualité d’écoute, il va pouvoir trouver, puiser la ressource nécessaire pour entendre ce qui est dit par le narrateur, entendre ce qui est dit par les participants, sentir ce qui se vit dans le groupe, ce qui se vit chez le narrateur et agir en conséquence.

Son écoute va permettre de souligner ce qui se passe et ce qui se vit là où les autres participants sont, par exemple aller trop vite dans l’interprétation ou dans le conseil ou dans la solution déguisée.

Comment choisir votre animateur?

Même si je comprends que cela peut, vous sécurisez de savoir que un animateur potentiel travaille depuis quelques années dans votre secteur d’activité, je vous encourage plutôt à poser des questions aux candidats, aux animateurs candidats qui tournent autour du protocole qu’ils utilisent.

  • Quel protocole utilisez vous?
  • Quel cadre de travail mettez vous en place avec le groupe?
  • Comment faciliter les échanges?
  • A quoi êtes vous attentif à l’intérieur d’un groupe?

Et observez aussi. Soyez attentif au questionnement de l’animateur potentiel.

  • Quelles questions vous pose t il à propos du contexte?
  • À propos des enjeux?
  • A propos du sens que ça pour vous et pour les participants, ce groupe d’analyse des pratiques?

Je crois que c’est la meilleure manière d’identifier des animateurs professionnels et qui vont donner à vos groupes d’analyse de pratique un maximum d’efficacité pour tous les participants.

Cette vidéo est maintenant terminée. Je vous remercie de l’avoir suivi. Je vous donne rendez vous à très bientôt pour de futures vidéos sur le thème de l’analyse des pratiques, notamment. Je vous présenterais dans une vidéo à venir le protocole que j’utilise, le protocole GEASE. En attendant, si vous avez des questions sur ce thème ou sur la vidéo que je viens de vous présenter, n’hésitez pas à poser des questions en commentaire. En attendant, je vous souhaite une bonne journée, une bonne soirée, une bonne nuit. Tout dépend l’heure à laquelle vous regardez cette vidéo et je vous dis à très bientôt !

Florent BerthéasIntervenant en analyse des pratiques, Formateur, Psychopraticien – Lyon

Animation, Qualité, Vidéo

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